Dans ce billet, il ne sera absolument pas question de dents contrairement à ce que son titre à plusieurs degrés pourrait laisser croire. Non, il sera question d’un seuil de limite de tolérance au-delà duquel je pourrais envisager soit de devenir violent contre les autres, soit de devenir violent contre moi-même. Parce que là, franchement, ça n’est plus supportable du tout. Et il y a un moment où quand ça devient comme ça, insoutenable, on se demande toujours si on ne risque pas de péter les plombs. Ou une durite. Ou même le feu puisqu’il est question de chaleur. Comme si c’était la saison des amours, le moment des accouplements ou la période des ardeurs difficiles à réfréner. On sait se tenir, que diable ! Non ? C’est bien ce qui m’avait semblé.

À trente dedans, il faut le faire et il faut le voir pour le croire, je vous jure. Quand je pense qu’on est le 31 août, on peut se dire que c’est normal mais moi, je dis que non. Si ça se trouve, ils ont tout déglingué avec leurs bombes atomiques. Avec leurs pneus brûlés sur l’autoroute autour du nord, l’A1. Avec leurs kalachnikovs pour nous faire croire qu’ils sont le bon Dieu en personne et que nous, nous sommes les mécréants bons à éliminer. Si ça se trouve, ils ont tout déglingué avec leurs usines polluantes. Avec la fuite des capitaux dont nous ne voyons que la fumée. Qui disait que l’argent n’avait pas d’odeur ? Je peux vous dire que quand il fuit, il pue. Si ça se trouve, ils ont tout déglingué avec leurs talents pour abuser des plus faibles. Et profiter de toutes les situations.

À trente dedans, ça devient impossible de tenir. Notre appartement est fait pour deux, nous l’avons acheté assez grand pour ça. Pour éventuellement y tenir à quatre sans se gêner quand ça se présente. Envisager d’y dîner à huit voire à dix. Mais à trente dedans, non, je dis non. Et je dis même plus que non, je dis stop. Stop à l’inflation. Trente degrés depuis trois jours dans cet appartement, sans autre air que celui de tous les ventilateurs. Et pourquoi pas 31 degrés un 31 août ? C’est du grand n’importe quoi. À peine tu ouvres un œil, tu transpires des paupières. Vivement demain, le 1er septembre, jour de rentrée. Avec un peu de chance, il ne fera qu’un degré. Mais on peut rêver. Bien qu’à ce niveau-là, ce n’est plus du rêve mais de l’utopie. J’ai soif.