Les paradoxes du temps conjugués à ceux de l’être humain. Difficile à gérer. Nos impatiences et notre envie que le temps ne passe pas trop vite. Tout dépend du contexte, en réalité. Quand ça nous arrange, on a envie d’être rapidement trois semaines plus tard parce que c’est vachement long d’attendre encore plus de vingt jours pour avoir ce qu’on désire. Mais en revanche, quand on est en vacances, on trouve que le temps passe bien plus vite que lorsqu’on est au boulot. Pour ne prendre que ces deux exemples.

Tiens, moi, par exemple, je suis bientôt en vacances et je commence à compter non seulement les jours mais aussi les nuits (plus que 11 fois dormir) et encore, je passe sous silence que je compte également les heures et même les minutes. Et si je ne compte pas les secondes et les centièmes, c’est que tous les chronomètres du monde sont actuellement en Chine et je dois donc faire sans. Sans mètre chrono ! Elle est bien bonne. Et pourtant, je suis crevé, je n’ai pas l’humeur badine, à cet instant précis.

Je disais donc que je suis bientôt en vacances. Et vous avez vu, je le dis au présent et pas au futur et encore moins au conditionnel. Parce que pour moi, même si c’est encore un peu loin, une semaine, c’est quand même déjà aujourd’hui, demain. Et dès ce mardi matin, j’ai eu du mal à me lever et j’ai compté sur mes doigts le nombre de réveils aux aurores que j’allais encore devoir subir avant le départ pour la Vendée. Et là, je parle bien à l'imparfait. Ou presque. 

Et chaque matin que Dieu (si c’est lui et s’il existe) a fait, ces derniers jours, belote et rebelote. Je n’ai eu de cesse que de me lamenter en me disant que je n’y arriverai jamais. Et pourtant, dans onze jours, après le boulot, je serai libre. Comme l’air. Pour un peu plus de deux semaines. Mais je suis ainsi fait que je sais aussi déjà que dans un peu plus que deux semaines et onze jours, je serai de retour et que la routine bordelaise reprendra le dessus sur le ciel, le soleil et la mer.

Je n’y peux rien. Plusieurs années d’analyse n’y ont rien changé. J’anticipe tout. Le pire comme le meilleur et même, je dois le reconnaître, plus le pire que le meilleur. Alors, si ces vacances ont l’air de prendre leur temps pour arriver, je sais que la reprise, après, va arriver plus vite que prévu. Il se pourrait même, au point en j’en suis, de ma réflexion, que ma reprise ait lieu avant mes vacances. Et ainsi, le tour serait joué. Il faut que j’y réfléchisse. Et pour ça, je vais aller m’allonger sur le canapé. Mais attention, si je dors, ça ne compte pas dans les « plus que 11 fois dormir ! »