En juin, il est coutume de faire des feux de joie mais en ce 21 août 2015, c’est un feu de tristesse qui va crépiter tout à l’heure. Pour finir cette mauvaise semaine avec des flammes, comme pour procéder à une espèce de purification, faire table rase de ce qui s’est passé, n’en laisser aucune trace non pas pour tout oublier, pour oublier tout, non, bien au contraire mais pour repartir sur de l’avant comme le patron a dit à Pauline. The show must go on, la vie continue et on n’a pas le choix. L’énorme claque que nous avons prise cette semaine nous a fait trébucher, nous a fait défaillir, nous a fait tomber mais nous nous sommes relevés. Et même chancelants, nous avancerons vers cet objectif qui est de vivre. Un dur métier, parfois, que celui de vivre. Pas toujours facile. Pas toujours heureux. Des hauts, des bas, comme on dit. Des hauts dépassés par les bas, depuis quelques jours. Une absurdité totale. Mais qui a dit que la vie ne l’était pas ?

Cette funeste semaine va enfin toucher à sa fin et ce ne sera pas trop tôt. Parce que pour l’instant, c’est le cœur gros qu’on se lève chaque matin et le cœur gros qu’on se couche tous les soirs, le seul moment où on peut échapper (peu ou prou) à cette sensation irréelle. L’un de nous est parti sans dire au revoir. Ni lui. Ni nous. Comme une fuite discrète mais qui a raté son but. Son absence n’est pas passée inaperçu bien longtemps. Rapidement, on a été en manque de lui car ça ne pouvait pas être vrai. Et s’est installé un cafard de presque tous les instants. Un cafard qu’on avait du mal à quitter car il n’était même pas question de chercher à s’en débarrasser. Même pas sûr de lui avoir laissé une porte ouverte pour qu’il s’en aille voir ailleurs. Et puis, de cafard dans la tête en capharnaüm dans le cœur, on se sent en vrac. Et on se dit qu’on est bien peu de choses. Un week-end entre amis qui se passe bien et soudain, tout bascule. 

Alphonse Karr a dit qu’ « entre deux amis, il n’y en a qu’un qui soit l’ami de l’autre » et là, quand je me suis pincé le cœur pour être sûr que je ne rêvais pas, je me dis que ce n’est pas faux. Et celui qui était l’ami des autres, c’est forcément celui qui est parti parce que soudain, on a réalisé qu’il ne serait plus jamais là et que son amitié nous était précieuse. Il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte, dit-on dans les chaumières depuis jadis et naguère. Alors, la nôtre devait être excellente. En tout cas, si on pouvait changer le sens des choses, faire sauter un tour à la faucheuse ou si j’avais pu te faire prendre 4 cartes et changer la couleur du temps, Claude, nous n’aurions pas joué au Uno pour rien mais nous n’avons pas joué assez longtemps. Il était sans doute déjà trop tard, ce soir-là, dimanche dernier pour que rien de ce qui est arrivé n’arrive. Ni fleurs, ni couronnes, a demandé Pauline. Mais on peut chanter « de chrysanthèmes en chrysanthèmes », non ?