Faut-il s’en plaindre ou faut-il s’en foutre. Nous vivons un mois d’août qui n’est pas un véritable mois d’août. Un mois d’août qui ne se respecte pas. Un mois d’août qui ne ressemble à rien ou plutôt, qui cherche à tromper son monde en étant déguisé en mois de mars ou d’octobre. Voire en mois de novembre. Désolé pour les novembrophiles mais cet avant-dernier mois de l’année a une image un peu terne, un peu triste, un peu grise. Comme celle du mois d’août de cette année.

Parce que même s’il y a des éclaircies, ce qu’on retiendra, ce que l’avenir retiendra, ce que l’humanité retiendra, c’est qu’on a dû allumer la lumière en plein jour à plusieurs reprises. Et qu’il a été impossible de manger dehors une seule fois de cet été. Bon d’accord, je ne peux pas manger dehors car je n’ai pas de terrasse mais si j’en avais eu une, j’en aurais émis le désir, de manger dehors et je n’aurais pas pu satisfaire ce désir à cause des caprices de monsieur Août.

Monsieur Août, tu parles d’un monsieur. Une racaille, oui. Un SDF des quatre saisons. C’est Vivaldi qui doit se retourner dans sa tombe. Ou dans son urne funéraire. Et les marchandes du même nom, il a oublié qu’elles comptaient sur lui, le père août. Celui qui devrait être bleu dessus, jaune au milieu et lumineusement flamboyant. Peuh ! Si ça se trouve, c’est encore un coup de mercatique de la part de qui vous savez pour qu’on utilise un peu plus d’électricité pour se chauffer et s’éclairer.

Oui, si ça se trouve, il fait très beau ailleurs, en ce mois d’août. Sauf chez nous. Parce que chez nous, sans être spécialement parano, les mecs d’EDF, ils cherchent à nous en prendre encore un peu plus et ils ont dû tomber d’accord avec le gouvernement et même encore plus haut pour mettre une espèce de toile grisâtre mais invisible à l’œil nu au-dessus de nos têtes. Et ils arrosent souvent pour pas qu’on lève le nez et qu’on voie que tout ça, c’est truqué. C’est pour nous empêcher d’avoir un bel été.

Non, non, moi, je vous le dis. Août n’a vraiment aucun amour propre, cette année. Il se fout de son égo, de son mois. Et nous, on doit faire avec. Ou plutôt sans. Et les jours où il fait beau, on n’y croit plus parce qu’il y en a marre de se faire avoir. Tu sors le bermuda et les sandalettes et hop, à peine le temps de fermer la porte derrière toi qu’il se remet à pleuvoir. C’est la merde, moi, je vous le dis. C’est déjà l’automne avant l’heure M. Et les feuilles tombent déjà parce qu’il n’y a plus de saison. Tout fout le camp, ma bonne dame.