Résumé des épisodes précédents : On dit que nous avons cinq sens, définis par Aristote au cours du quatrième siècle avant J.C. (à vous de voir si vous préférez Julien Clerc, Jésus Christ ou, plus simplement, Jean-Claude) et c’est toujours ce que j’ai entendu dire (ce qui prouve que mon ouïe fonctionne) depuis que j’ai eu l’âge d’être scolarisé. Et ne voilà-t-il pas que ces derniers jours, j’ai lu (ce qui prouve que ma vue fonctionne) qu’on en aurait plutôt 9 voire 21. Je n’ai pas trouvé trace des dixième au vingt-et-unième sens mais j’ai envie de parler des cinq classiques, des 4 plus récemment validés par la communauté scientifique et d’un petit dixième que tout le monde connaît mais qu’on oublie systématiquement. Et au passage, je me permettrai d’en ajouter cinq de plus en bonus pour le même prix. Aujourd’hui, nous allons parler du toucher et de l’intuition.

Le toucher : je me souviens, quand j’étais petit et qu’on allait dans un grand magasin genre Monoprix ou Galeries Lafayette et que je voyais des choses ou des aliments qui m’attiraient, j’avais tendance à tendre la main. Et régulièrement, je m’entendais dire : « on touche avec les yeux. » Mais jamais avec les mains. Tiens, j’imagine les jeunes d’aujourd’hui, si on leur disait ça, ils seraient capables de sortir un cran d’arrêt, de nous le foutre sous la gorge et ils nous diraient : « Je te touche la carotide, tu le sens ? » Je ne sais pas si c’est vrai mais il paraît que la carotide, ça ne rend pas aimable. Donc, ça ne fait pas partie de la famille des carottes. En tout cas, le toucher, c’est drôle car ça peut aller du plus agréable (une caresse) au pire (une beigne) et pour un chien, par exemple, c’est dur de comprendre pourquoi la main qui donne est aussi celle qui punit. On devrait peut-être le caresser de la main gauche (celle du cœur) et le battre de la main droite (celle de l’ex-UMP) ou à l’extrême, deux fois de la main droite (celle du F.N.) mais je pense aussi que le mieux serait qu’on arrête de battre des animaux. Et de les caresser aussi ? Non, quand même pas.

L’intuition : a contrario de tous les sens (c’est vrai que ces cinq billets sont un peu partis dans tous les sens) évoqués depuis jeudi dernier, le 13 août, l’intuition n’est pas un sens mais une faculté de l’esprit et comme on parle plus souvent de l’intuition féminine que de l’intuition masculine, on peut penser que les femmes ont plus de facultés spirituelles que les hommes. Mais ça serait un raccourci que je n’ose prendre de peur d’être un peu démagogique avec les éventuelles féministes qui liraient ce billet. Pour en revenir à l’intuition en elle-même, c’est une pensée ou un jugement immédiat, sans recul (comment veux-tu que je t’embrasse ?) et le mot vient du mot latin intuitio qui signifiait « regard intérieur. » Tout ça me fait penser que regarder à ou de l’intérieur, c’est un peu comme une fibroscopie ou une coloscopie et que ça serait vachement bien si on y voyait un peu de beauté, à l’intérieur. Parce que les mannequins, ils disent qu’il n’y a que ça qui compte, que le physique, c’est secondaire. Et ça, on ne peut pas dire que c’est de l’intuition même si ça manque cruellement de recul, là aussi.

Le bonus du jour : le sens interdit. Un sens interdit, comme son nom l’indique, c’est qu’on n’a pas le droit d’y aller. Par exemple, si je dis que les voies du seigneur sont impénétrables, c’est sans doute qu’il y a un sens interdit et ce n’est pas ma faute si vous n’avez pas vu le panneau. Mais ce n’est pas toujours une question de droit ou d’opposition à aller quelque part, un sens interdit, ça peut aussi être un instant où quelque chose se passe : soit on voit quelque chose qui nous stupéfie, soit on entend un truc incroyable, soit on sent une odeur extraordinaire, soit on goûte un plat absolument fabuleux, soit on touche un corps d’une douceur comme jamais et alors, on peut dire que le sens concerné est interdit dans le sens ébahi, sidéré ou pantois. Et moi, ça, j’aime bien que ça m’arrive, de rester bouche bée, œil bé, doigts bés, nez bé ou papilles bées. C’est rigolo de voir tout ça écrit, non ? Ça me laisse l’esprit bé.

Voilà, c’est fini. Quand je pense que j’ai créé ces cinq billets en très peu de temps, histoire de prendre de l’avance sur leur publication car je devais partir en week-end à Biscarrosse, je me demande si j’ai bien fait car j’ai peut-être péché par gourmandise : j’ai dû avoir les yeux plus gros que le ventre, je n’ai pas vu que c’était aussi compliqué à expliquer, tout ça. Bien entendu, moi, j’y ai pris du plaisir mais est-ce que ça a touché mes rares lecteurs ? Ouïe ou non ? Zut, je ne sais pas comment terminer en plaçant l’odorat sans que ça ne soit trop flagrant…