Tout fout le camp, ma bonne dame et c’était bien mieux avant car on n’aurait jamais vu ça, de mon temps. Eh oui, c’est comme ça que ça se passe maintenant. Et même au niveau des patrons, maintenant, il n’y a pas que chez les salariés que les gens font ce qu’ils veulent et n’en font qu’à leur tête. Leur tête de cochon. Leur tête de con, même, pour certains. Et n’allez pas croire que je vais encore parler de femme de ménage car, même si j’en aurais encore pas mal à raconter, non, j’ai envie de parler de mon futur ex-directeur que je ne nommerai pas pour ne pas prendre le risque qu’il se reconnaisse si d’aventure en aventure, il tombait sur ce blog. Mais je ne vois pas comment il pourrait atterrir ici vu que nous sommes loin d’être intimes. Et je m’en serais voulu qu’on ait pu l’être car je pense que je m’en serais mordu les doigts. Heureusement, je ne fais jamais ami-ami avec un supérieur hiérarchique.

Mon futur ex-directeur est arrivé mi-janvier dans l’entreprise et il n’a pas été embauché pour ça. Non, il a postulé pour un poste d’acheteur voire de responsable achats mais comme le siège social voulait se débarrasser du directeur en place, on lui a demandé si ça l’intéressait, au candidat acheteur et il a dit oui. Une espèce de bellâtre que je qualifierai aussi de gros con. Vous savez, ça peut souvent aller ensemble d’être beau et con à la fois. Un mec pas mal, oui, quand même mais bon, pas le canon du siècle non plus alors, un peu de modestie de sa part, ça ne lui aurait pas nui et à nous non plus. Surtout qu’on a vite constaté qu’il était un peu caractériel, capable de monter dans la colère et l’agressivité puissance 10 en quelques secondes seulement. Mais contre mauvaise fortune bon cœur, on a accepté. Sauf ceux qui ont préféré partir. Les plus courageux et les plus inconscients. Chacun fait comme il le sent.

Là, depuis quelques semaines, la situation a empiré car il a dû remplacer l’acheteur qui est parti et il a dû se mettre à bosser et faire face à ses responsabilités de directeur de site et assurer les approvisionnements pour la haute saison. Et il n’y a pas eu un jour sans qu’il ne se prenne le bec avec un commercial, parfois en allant même jusqu’à en menacer physiquement. En harcelant une autre. Et hier matin, après un énième clash, monsieur a boudé et a dit que puisque c’était comme ça, il n’achèterait plus rien et il est parti plier ses affaires pour rentrer chez lui. Après avoir donné quelques consignes, déchiré nombre de papiers, il s’est fait la malle en prévenant qu’il serait absent un certain temps. Nous pensons qu’il ne reviendra pas. Mais il a gardé la clef de l’entreprise et sa voiture de fonction. Et moi, je pose la question : un rat en chef qui quitte le navire, on peut le licencier pour faute ? Qu’en dit le Medef ?