Mais où vont-ils donc, les hommes quand ils s’en vont ? disait la chanson de Sylvie Vartan, dans les années 70 (si mes souvenirs sont bons) et c’est bien la première fois que je trouve qu’elle donnait de quoi réfléchir, la mère Vartan. Parce que, bon d’accord, je n’ai jamais été parmi ses fans, j’aime bien quelques chansons sans plus mais voilà, sans plus. Sauf deux ou trois, dont celle-ci, avec une chorégraphie en forme de tango rapide. Un bon souvenir. Et une question en suspens.

C’est vrai, ça, mais où vont-ils donc, les hommes quand ils s’en vont ? Eh bien moi, je crois bien que j’ai un début de réponse. Je sais que certains, quand ils s’en vont, quand ils quittent le navire, comme des rats, ils s’arrêtent à Stalingrad. Et si vous ne trouvez pas que ça, c’est déjà un méga-scoop, vous n’apprécierez jamais rien. Oui, parce que c’est quand même un bon début pour une drôle de fin, non ?

Et un milieu de réponse aussi, j’ai. Parce qu’un début, ça ne suffit pas à nourrir son homme. Un milieu de réponse : ils doivent avoir un coin pour se remettre, les hommes, quand ils s’en vont et où ils doivent se retrouver entre eux. Entre soi. Entre mecs de bonne compagnie. Comme Keolis, par exemple. Reste à savoir si la compagnie est bonne. Tout comme la photo (comprenne qui pourra, c’est fait exprès, toutes ces allusions.)

Les hommes, quand ils s’en vont, ils vont faire une pause. Et hier, j’ai découvert la porte secrète de l’endroit où ils vont se cacher pour ne plus être vus de personne. Une porte à peine dérobée comme un instant volé à leur intimité. Et j’ai bien surveillé, je suis sûr de moi, maintenant, je pourrais même y retourner tout seul les yeux fermés. Je sais exactement où ils s’en vont, les hommes quand ils ont terminé leur service. Et la fin de la réponse, elle est quasiment là. Il ne me reste plus qu’à aller vérifier s’il y a une information à l’entrée. Pour valider cette drôle de fin.

Oui, parce que les traminots, quand ils ont fini leur service, je suppose qu’ils ont des pauses négociées avec les syndicats, ils doivent aller dans un foyer. Et longtemps, je me suis demandé mais où est-il donc, leur foyer ? Hier, en rentrant moi-même de mon travail, j’ai surveillé celui qui venait de quitter le tram qui me ramenait chez moi, en laissant sa cabine à son successeur et je l’ai suivi des yeux jusqu’à ce qu’il pénètre dans un immeuble moderne de la place Stalingrad. C’est donc là qu’ils s’en vont, les hommes, quand ils s’en vont.