On a tous connu ça un jour : se creuser la tête pour offrir le cadeau idéal. Et souvent, c’est pour quelqu’un qui n’est pas dans ses plus proches amis ou de sa plus proche famille. Genre quelqu’un qu’on connaît peu ou dont on ne sait pas grand-chose quant à ce qui pourrait lui faire plaisir ou lui être utile sans tomber dans le cadeau passe-partout. Parce que si c’est pour offrir un briquet, un mixer pour la soupe ou le dernier CD des Enfoirés, franchement, ça fait celui qui s’en fout un peu et qui ne fait un cadeau que parce qu’il s’en sent obligé. Alors que faire un cadeau, c’est un don de soi. Sinon, ça ne vaut pas.

Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est l’intention qui compte. J’ai en souvenir un Noël où je me suis vu offrir des horreurs et de mon cri du cœur : « Quelle horreur ! » Sans savoir que la personne qui me les offrait était présente, devant moi : « T’aimes pas ? » « Ah non, c’est hideux. Je suis sûr que c’est une idée de Ramette ! » « Non, c’est moi ! » « C’est une horreur quand on ne l’a pas déballé mais une fois bien ouvert, c’est mieux. En tout cas, ça me touche et ça me fait très plaisir. Je te jure. »

Plus jamais ça. C’est ce que je me suis dit, à partir de ce jour-là, je ne voulais plus de cadeau pour Noël et en même temps, j’ai prié le petit Jésus pour qu’on ne m’embête plus avec cette fête. J’ai été partiellement exaucé puisque je ne célèbre quasiment cette pompe à fric et cette soumission à l’indécente surconsommation. Mais ça ne m’empêche pas d’apprécier un petit cadeau de temps à autre, si celui-ci est fait et offert avec amour et sans velléité de vouloir épater la galerie. Et j’aime aussi les petits cadeaux surprise, ceux qui peuvent être drôles tout en restant de bon goût, ce qui n’est pas si simple que ça à cumuler. Faire un cadeau, ça reste tout un art. Et je suis le premier convaincu que si la critique est aisée, l’art est très difficile.

Du coup, je suis devenu un peu un expert en choix de cadeau. Je suis capable d’y passer beaucoup de temps et pour cela, je fais partie de ceux qui s’y prennent des mois à l’avance. Pour Noël, quand je le fêtais encore avec ma famille et quelques amis, je m’y prenais dès le mois de juin. Si je partais en vacances à cette période-là, il n’était pas rare que je trouve quelque chose là où je me trouvais. Parce que je trouvais que c’était une bonne idée. Et autant faire d’une pierre deux coups. Et au moins, c’était plus original. Du moins, à mon goût.

Alors, si d’aventure, certain(e)s d’entre vous ont besoin d’idées pour faire des cadeaux qui sortent de l’ordinaire, qui soient un peu personnalisés ou que sais-je encore, n’hésitez pas à me consulter, je suis devenu plutôt bon dans ce domaine. Tiens, par exemple, l’autre jour, j’ai un pote qui est ami avec un ancien curé, donc défroqué et il cherchait une idée pour lui faire plaisir tout en restant un peu marginal parce que l’ex-curé, il est devenu très laïc, je lui ai proposé une idée qu’il a trouvée géniale : un simple service athée. Ça a fait beaucoup d’effet. Si, si, je vous jure. Et en plus, ça avait la prétention d’être amusant.