Je suis un malade de l’heure et un psychopathe de la ponctualité. Je déteste être en retard et je déteste que les autres le soient, eux aussi. De ce fait, je déteste tout le monde parce que globalement, comme je préfère être en avance pour ne pas être en retard (être pile à l’heure, c’est déjà être en retard pour moi), du coup, j’attends toujours les autres qui eux, s’en foutent un peu, à vrai dire, d’avoir dix ou quinze minutes de retard. Quand ce n’est pas plus.

Et il en est de même avec mes horaires d’embauche. J’ai toujours commencé plus tôt que ce qu’on me demandait ou que ce que je m’étais fixé moi-même. Si on me demande de venir à 6h, je suis là à 5h30 voire à 5h15. Et ainsi de suite. En revanche, je quitte mon travail toujours à l’heure pile ou à l’heure passée. Jamais en avance. Parce que prendre trop d’avance dans une même journée, ça peut créer un trop grand décalage horaire avec les autres.

Et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles je passe des nuits hachées. Je dors par cycles, comme tout le monde mais je me réveille à chaque cycle et je me dois systématiquement de regarder l’heure. D’abord pour la connaître. Ensuite, pour savoir combien de temps il me reste à dormir avant le réveil officiel. Et enfin, pour me rassurer de savoir quelle heure il est. Et bien sûr, j’ai un radioréveil avec affichage rouge. Un truc classique, quoi.

Depuis quelques jours, presque deux semaines, je crois, je me suis interdit d’heure pendant la nuit. Avant d’éteindre, je mets un étui à lunettes devant le cadran du radioréveil, qui me cache tout affichage et, ce qui n’est pas négligeable non plus, m’enlève cette espèce de lumière rougeâtre qui, paraît-il n’est pas très bonne pour le mental ni pour le sommeil des justes. Et du coup, je dors à l’aveugle, sans avoir la notion du temps qui passe et des nuits qui défilent.

Eh bien, contre toute attente, ça ne me stresse pas. Bien au contraire. J’ai même envie de dire que mes nuits sont devenues meilleures. Elles se sont bien bonifiées sans cet affichage permanent de l’heure qu’il est. Et je ne me lève même plus pour faire pipi (l’un devant être l’alibi de l’autre, je suppose : regarder l’heure et aller me vider la vessie). Comme quoi, c’est bien comme pour toute addiction, il faut savoir trancher dans le vif du sujet.