Le patron est décidément trop fort pour moi. Non pas que je sois mauvais joueur mais j’avoue que je ne suis pas de taille à me mesurer à lui. Je crois que je ne jouerai plus jamais au Monopoly avec lui car de toute façon, je pars avec un handicap majeur : je serai le perdant quoiqu’il arrive. Et quel plaisir prendre à une partie quand on sait que celle-ci est perdue d’avance. Ça enlève tout le plaisir du jeu et tout le mystère de celui qui ne sait pas si la chance sera de son côté ou pas. Alors, je crois que je vais revenir à mes réussites sur le PC ou aux puzzles devant lesquels je passe trop de temps, je le reconnais, hélas. Mais je me demande si je ne serais pas devenu mauvais joueur…

Pour en revenir au patron qui est le plus fort du monde au Monopoly, il faut reconnaître que c’est un sacré bon joueur. Il a toutes les cartes en mains et forcément, ça aide. Quand je dis qu’il a les cartes dans les mains, je devrais dire qu’il a tous les billets dans les mains. Je me demande même s’il n’est pas de mèche avec le banquier. Parce que pouvoir acheter autant de maisons ou d’immeubles que ça qui plus est, dans des quartiers dont les rues ne sont pas dans les plus modestes, c’est forcément qu’il y a baleine sous gravier. Ou anguille sous roche, ça dépend de quel côté on se place. Moi, je préfère voir les choses du côté négatif. Et exagéré. Parce que je suis mauvais joueur ?

En gros, le patron, il a vendu le domaine de Dorimont, l’équivalent de la rue de la Paix, sur le plateau de Monopoly et du jour au lendemain, alors que cette transaction-là n’est même pas encore achevée, il a décidé, sur un coup de tête, d’acheter la rue qui est au bout du golf de Biscarrosse et un lot de deux maisons. Certes, il y en a une petite mais aussi une bien grande. Et, pour couronner le tout, il vend celle qu’il avait avant, dans une rue voisine. Et ainsi, il a le loisir de faire des affaires, de déménager, d’emménager et  moi, en mauvais joueur que je suis en train de devenir, je me contenterai de venir y passer un week-end de temps en temps. C’est mieux que rien.