L’autre jour, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai lancé un débat au boulot, avec mes trois collègues, celles et celui qui partagent le même beau que moi plus celle qui était venue nous dire bonjour. Et c’est amusant parce que, rien que de partir d’un mot peu plaisant, on en a fait une demi-heure et en plus, on a appris plein de choses. Merci qui ? Et moi, comme je ne suis pas égoïste, je m’en viens le partager avec vous, ami(e)s lecteur(trice)s. Parce que je suis comme ça, moi, râleur mais avec un bon fond. Merci qui ? Merci le mec moi, ben oui, quoi !

J’ai lancé le mot vergetures parce que, comme il ne me concerne pas, il a une connotation légèrement amusante à mes yeux. Normal, c’est toujours au détriment des autres qu’on rigole, rarement à leur avantage ou sur ses propres problèmes ou malheurs. Et forcément, qui dit vergetures, dit verges. Et moi, tout de go, je demande malicieusement à la non moins malicieuse Malika si elle sait ce que ça veut dire « verge » et elle esquisse un début de rire.

« Non, je te demande ça sérieusement » que je lui dis. Elle stoppe son rire mais ne parvient pas à ne pas retomber dedans. « Ben oui, c’est… c’est du sexe. » En français dans le sexe, je vous jure. « Oui, mais ça a une autre signification. » « Ah oui ? Laquelle ? » « Parce que moi, je n’ai pas que le mot sexe à la bouche, j’ai besoin de respirer aussi, de temps en temps… » Et je lui dis, c’est une petite baguette. Une badine, quoi.

Une badine. Sait-elle seulement ce que cela signifie ? Elle est arrivée en France à l’adolescence et si cela ne paraît pas quand on la voit ou quand on l’entend, il y a quand même des mots dont le sens lui échappe. Une badine, c’est une petite baguette. Comme dans les marivaudages du marquis de Sade : l’un ne rigolait pas avec ça mais l’autre aimait bien frapper ses partenaires avec des badines ou des fouets. L’un non mais l’autre oui, badinait pendant l’amour.

Et moi, je lui balance que les vergetures, ça s’appelle comme ça parce que ça ressemble aux traces que laissent des coups de verge. Elle me dit que non, je suis encore en train de déconner. J’ai pourtant pris mon air le plus sûr de lui avec toute la conviction dont je peux être capable quand je le veux. Et elle a fini par me croire malgré un vague doute. Mais je suis allé sur Google et j’ai cherché, un peu comme ça, au pif et bien, j’avais raison sans le savoir. Je n’étais pas peu fier de moi. Parce que c’est sans doute ça le talent. Savoir des choses sans le savoir soi-même.