Le retour de Chibrette. J’avais un peu oublié Chibrette, au boulot. Mais hier matin, en revenant après un peu plus de trois semaines d’absence, j’avoue que j’ai été à la fois surpris et pas du tout de la revoir. Dans sa robe vaporeuse à volants qui n’attend que des bouches de métro et des ventilateurs excités pour la faire se soulever, une robe qui, à mon goût, ne lui va pas du tout mais elle, elle est persuadée qu’elle est canon, dedans. Un peu boulet, tout au plus mais pas canon. Ou alors avec pas mal de chair à canon car ça la boudine un peu. En tout cas, si elle se sent bien dedans, moi, tant qu’elle ne m’oblige pas à vivre avec elle, je peux la supporter telle qu’elle est au travail.

Le retour de Chibrette. Je n’ai pas souvent parlé d’elle sous son pseudo, sous l’un de ses pseudos les plus usités dans l’entreprise. Je ne vous dirai pas quel est le second, c’est limite vulgaire et désobligeant. Moi, de toute façon, devant elle, je l’appelle par son prénom. Jamais par un surnom. Je m’en voudrais trop de la blesser en riant au moment de le prononcer, son surnom. Chibrette ou Vierge Anale. Je n’y peux rien, elle fait partie de ces filles qui n’ont pas beaucoup de pudeur dans la vie : ni physiquement, ni mentalement. Elle est capable de mettre tous ses seins bien en évidence ou de vous raconter ses constipations en détail. Voire les deux en même temps.

Finalement, ça m’a fait plaisir de la revoir. Car malgré tout, elle reste un vent de fraîcheur avec son espèce de candeur (feinte ?) et ses sorties à la va-comme-je-te-pousse. Ce matin, par exemple, alors qu’elle s’auto-extasiait sur son physique, elle a quand même osé dire : « C’est vraiment trop moche d’être belle, ça enlève toute surprise, tout est dans l’emballage ! » Et ça m’a fait penser à l’autre Chibrette, celle qui est partie, il y a plus d’un an, la même mais en blonde, qui était passée vendeuse téléphonique : « Moi, je leur parle cul, aux clients et du coup, ils reviennent vers moi ! » Fallait oser. Et moi, contre toute attente, ça me convient d’avoir des Saintes Pétasses au bureau, ça m’aère l’esprit.