Les choses rentrent dans l’ordre depuis dimanche. À chaque symbole, ses noces ; la fin du clafoutis de ratatouille, ce midi ; les restes de salade de pâtes et la carcasse de poulet sont prévus pour les chiens de Claude ; il reste un vague bout de tarte aux fruits rouges mais il n’y sera plus ce soir et le bouquet de roses et de fleurs de coton est la tête à l’envers, pendu par les tiges, le temps que tout sèche afin, après, de le remettre à l’endroit dans un vase approprié. Pendant ce temps-là, l’autre Isabelle, celle qui n’est pas ma cousine, est en train de repasser et moi, je travaille sur mon billet pour après-demain. Tout en me rendant compte que celui du jour n’est pas encore écrit.

Mais que fais-je donc de mes journées pendant que je suis encore en convalescence ? Ma foi, comme disait un canard que j’ai bien connu, je me le demande. Parce que je me lève, je petit-déjeune, peu ou prou, je consulte ma boîte mails, je bouquine sur le canapé ou je regarde quelque chose que j’ai enregistré à la télévision (ou, éventuellement, quelque chose en replay), ensuite, je réfléchis à si j’ai des courses à faire avant le déjeuner et si oui, je vais les faire et sinon, je continue de vaquer à mes anodines occupations. Après, c’est l’heure du déjeuner et ensuite, du café et là, je continue de naviguer à vue sur le canapé devant un peu de télévision qui m’endort toujours un peu.

Après tout ça, je sors, si j’en ai besoin et ensuite, je rentre, car là, j’en ai vraiment besoin. Et au milieu de tout ça, je n’avance pas dans tout ce que je m’étais promis de faire pendant ces trois semaines, ces trois semaines qui ne sont pas des vacances, avec des heures de sorties à respecter et bientôt, dans huit jours, j’aurai repris le travail et je n’aurai pas fait tout ce que j’avais pensé faire. Quelle drôle de vie que celle d’un convalescent ! Si, j’ai quand même écrit un billet d’avance pour le 18 juin alors que nous ne sommes que le 16. Mais les choses vont rentrer dans l’ordre. Ça ne peut pas être autrement. Tout va rentrer dans l’ordre. L’ordre que j’aurai décidé. Et ça marchera comme ça.