Ah ça, on peut dire que je me suis trompé, et pas qu’un peu, sur toute la ligne, hier. Honte sur moi ! J’ai parlé du premier anniversaire de mariage en écrivant une fin de billet sur les noces de papier. Et j’ai eu l’air malin, pendant l’apéritif, à Dorimont, hier midi, quand, devant nos amis, j’ai porté un toast en restant assis et en annonçant que pile un an avant, c’était notre mariage. Et que nous allions boire à nos noces de papier. Mais que comme je ne voulais pas marquer le coup ostensiblement, les seuls témoignages présents dans la maison étaient dans les toilettes et la cuisine : papier pour s’essuyer dans les deux cas.

Et là, ne voilà-t-il pas qu’Isabelle, ma cousine nous sort qu’un an de mariage, ce sont les noces de coton. Non, que je lui ai répondu et si, m’a-t-elle rétorqué en se levant pour aller chercher une surprise cachée à son arrivée. Un bouquet de tiges et de fleurs de coton avec trois roses blanches à liseré rouge. La même chose pour le patron qui a également fêté sa première année de mariage, en avril dernier, au bout de 50 ans de vie commune. Bisous à la cousine, remerciements en tout genre et continuation de l’apéritif et le dimanche a continué de bien se dérouler, entre gens de bonne compagnie et la soirée arriva et au moment opportun je suis allé me coucher.

Une fois endormi, c’est évident que j’ai rêvé. J’ai dû rêver de mes noces de papier. Dans trente-six ans. En 2051, quand j’aurai entre 92 et 93 ans. Mais avec qui les fêterai-je donc ces véritables noces de papier ? Avec ma cousine, qui sera encore octogénaire, oui, peut-être. Mais moi, là, normalement, je serai veuf. Ou alors, je n’ose imaginer. Et là, cette fois, à moins qu’ils n’aient décidé de devenir les doyens de l’humanité, mes parents ne devraient pas être de la fête. Pourtant, ça pourrait être une bonne idée de les retrouver tous les deux, toujours ensemble, dans 36 ans. L’avenir nous le dira. Reste à trouver l’endroit puisque Dorimont ne sera plus qu’un lointain souvenir pour nous.