Il y a des expressions qui sont quand même malheureuses, quand on dit à quelqu'un que les bras m'en tombent, tant on est surpris d'apprendre quelque chose, est-ce qu'on n'a jamais cherché à savoir s'il n'y avait pas un manchot dans les parages ? Un manchot à qui ça aurait pu faire du mal, psychologiquement, bien sûr.

Tout comme quand on dit qu'on en mettrait sa main à couper. Imaginez que le type à côté de vous, dans le tram, sous son gant, il ait une prothèse parce qu'il aurait perdu une main soit en accident du travail soit suite à un pari idiot du style : j'en mettrai ma main à couper ! La tête du pauvre homme qui pourrait penser "mieux vaut entendre ça qu'être sourd" mais il faut être capable d’autodérision, pour ça.

Imaginez que vous êtes perplexe et que vous dites à celui ou celle qui vous accompagne "on ne sait plus à quel saint se vouer !" Si ça se trouve, la dame triste, derrière vous, on lui fait une ablation d'un sein et elle le vit certainement très mal et je ne suis pas certain qu'elle goûte particulièrement à votre façon de vous exprimer.

C'est aussi très con quand vous vous sentez menacés par des voyous, avec un copain, et que vous dites : "Vite, prends tes jambes à ton cou et filons !" juste devant le cul-de-jatte qui fait la manche à cinq mètres de vous. Y a de quoi le faire pleurer le pauvre type, déjà qu'il n'est pas aidé... Par pitié, si vous le croisez de nouveau, ne lui demandez pas, en croyant être drôle, que puis-je faire (à repasser) pour vous ?

Enfin, quand vous croisez Nabilla, ayez la décence de ne pas dire que vous avez encore oublié quelque chose et qu'en ce moment, c'est souvent que vous perdez la tête. Remarquez, là, non, vous pouvez le dire, je ne suis pas sûr qu'elle comprenne tout à fait ce que vous dites. Oui, je sais, elle était facile, celle-ci. Je n’ai pas pu m’empêcher. C’est mon plus gros handicap de ne pas savoir tenir ma langue pour dire du mal des autres.