Ils avaient raison, les hommes politiques qui voulaient se faire élire, il y a quelques semaines de cela. Ils avaient raison et même si je n’ai globalement pas voté pour eux, il n’empêche que je suis obligé de le reconnaître que, pour une fois, ce n’étaient pas des promesses dites dans la langue de bois. Pour une fois, ils ont dit la vérité. Oui, la vérité vraie comme ils disent après avoir remercié la personne qui les interroge après l’avoir remerciée pour la question qu’elle venait de poser. Oui, parce que quand un homme politique remercie de lui avoir posé une question, on est en droit de douter de son honnêteté, non ? Enfin, tout ça pour dire que moi, je dis ça, je dis rien. Mais je n’en pense pas moins.  

Ils avaient raison de nous balancer leurs discours dégoulinants de ce qu’ils croyaient que les électeurs voulaient entendre. Comme s’ils, comme si nous n’étions pas capables de faire la part des choses et comme si nous étions nés de la dernière pluie. Nés de la dernière pluie de billets de cinquante, peut-être, mais pas de la dernière averse. Ils avaient raison car ça a marché pour nombre d’entre eux. Ils ont eu ce qu’ils voulaient. Un siège non éjectable dans lequel ils ont pu confortablement se vautrer en se disant que, quand même, cette fois-ci encore, ils nous avaient bien bernés. Pour ne pas dire baisés. Mais bon, contre mauvaise fortune, bon cœur, que je fais, moi. J’essaie de ne pas être rancunier.

Ils avaient tellement raison de nous faire croire que les choses allaient revenir. De toute façon, les choses finissent toujours par revenir. Les bonnes comme les mauvaises. Mais là, en l’occurrence, pour une fois, non, comme d’habitude, on ne sait pas dans quelle catégorie les mettre, ces choses qui nous reviennent. Et ce matin, j’en ai eu la preuve, j’en suis la preuve vivante : c’est bel et bien la reprise. Tant de fois annoncée. Tant de fois promise, jurée, crachée. Je l’ai vécue, la reprise. Je l’ai prise en pleine figure. Car ce matin, ce mardi matin, c’était évidemment la reprise à mon travail après une semaine de vacances. Comme quoi, les mots, on leur fait dire ce qu’on veut.