Nous devions y aller à quatre, puis, l’un d’entre nous s’est désisté et nous nous sommes retrouvés à trois mais c’était sans compter que j’avais de la ressource, j’ai contacté Isabelle, ma cousine et je lui ai proposé de se joindre à nous pour que nous soyons de nouveau quatre. Quatre selon les organisateurs mais deux selon la police. Qui disait vrai ? On va dire que c’était nous… je nous fais particulièrement confiance sur ce coup-là.

Nous y sommes donc allés tranquillement et nous avons dîné avant. Comme si nous avions faim. Nous avions faim, ça tombait bien, justement. Et nous avons attendu un peu avant d’aller nous asseoir. Ne rien faire machinalement. Prendre un semblant de notre temps pour ne pas nous occasionner de stress inutile. Surtout à moi. Mais il a bien fallu aller rejoindre nos places. L’heure du début approchait à grands pas de deux.

Et là, nous avons assisté à la représentation d’un ballet de Blanca Li que je surveillais depuis longtemps pour ne pas le rater quand il serait joué sur Bordeaux. Robots. Une pièce contemporaine avec huit danseurs et huit robots annoncés. Nous avons eu les huit danseurs, quatre femmes et quatre hommes, tous remarquables et certains d’une beauté insolente. Nous en avons pris plein les yeux et ensuite, nous avons vu arriver un robot. Puis d’autres.

Des petits robots de la taille d’un enfant en bas-âge, de celui où on commence à maîtriser la station debout mais pas toujours. Et parfois, souvent, il y a eu des chutes. Mais surtout, les faire cligner des yeux leur a donné une humanité incroyable. Et on en a vu danser. On en a vu un, habillé en femme, faire du play-back sur Besame Mucho. Avec une tenue à paillettes et un boa autour du cou. Et on a pu voir des pas de deux entre un danseur et un robot….

De là, sous nos yeux, est née une complicité incroyable. Et touchante. Émouvante. Ou comment rendre des robots aussi attachants que des êtres humains. Avec un petit bémol, malgré tout : pourvu que ça ne soit qu’une idée géniale pour un spectacle novateur mais pas le début du remplacement des artistes par des machines. Ça, ça serait terrible mais, ne boudons pas notre plaisir, hier soir, nous avons passé une excellente soirée, si ce n’avait été un absent de marque. Sinon, ce fut génial.