J’aime  bien les dimanches et j’aime bien les lundis, aussi. Parce que j’ai cette énorme chance de ne plus travailler le lundi depuis un peu plus de dix ans, maintenant. Au début, ça m’avait passablement contrarié de prendre ce boulot en sachant que j’allais vivre chaque week-end de façon un peu décalée. Et ça me défrisait qu’on me dise, quand j’annonçais la couleur : « ah, tu es coiffeur, tu ne travailles pas le lundi ? », non pas parce que je trouve ça honteux d’être coiffeur (je suis fils de coiffeuse) mais bon, chacun son métier et les moutons seront bien gardés. Surtout qu’il n’y a pas que les coiffeurs qui chôment le lundi. Il y a aussi les assistants coiffeurs.

Et donc, j’aime bien aussi les lundis car, très égoïstement et très méchamment, je suis content de ne pas travailler le premier jour de la semaine en sachant que la plupart de mes contemporains salariés, eux, sont obligés d’y aller. Leur dimanche soir est d’une tristesse infinie. Les retours de week-ends en même temps que tout le monde. Le film du dimanche soir à la télévision. Les transports en commun le lundi matin dans lesquels tout le monde semble faire un peu la tête. Alors que le mardi, c’est déjà un peu moins vrai. Si, si, il suffit d’y prêter attention pour s’en rendre compte à minima. Et l’arrivée sur le lieu de travail où, si on te demande « comment tu vas », tu réponds « comme un lundi. »

Et j’aime aussi les lundis car pour faire pas mal de choses, c’est nettement plus facile ce jour-là et pour certaines démarches (officielles, de santé ou autres), on n’est pas obligé de prendre une heure ou deux voire une demi-journée ou pire, une journée pour les faire (je parle du privé, évidemment…) et moi, le lundi, c’est courses et gym le matin. Cinéma l’après-midi. En règle générale. Bien sûr, c’est aussi cuisine avant ou après le cinéma mais justement, j’ai du temps pour préparer des choses en courant moins que les autres jours. Je peux prendre de l’avance. Comme si j’étais toujours d’avant-garde. Et voilà, ce matin encore, ce lundi matin, je savoure d’être encore en week-end.