Dans les choses qui m’énervent le plus, il y a les gens qui sont sans-gêne et le sans-gêne, ça se trouve à tous les coins de rue, dans tous les magasins, dans tous les transports en commun, dans tous les restaurants, sur tous les trottoirs et même sur une île pseudo déserte, je crois que je serais encore capable de trouver que l’indigène du coin n’a aucun savoir-vivre ou qu’il est malpoli, qu’il ne fait aucun effort pour parler le français ou l’anglais voire l’espagnol. Je serais capable de trouver qu’il manque de décence dans sa tenue vestimentaire. Qu’il n’a pas d’hygiène buccale. Bref, que rien ne va, quoi. Et si, d’aventure, c’est un autre naufragé que je suis amené à croiser au détour d’un rocher, je serais capable de trouver qu’il est en terrain conquis et qu’il sent mauvais. Bref, si vous n’avez pas compris que je n’aime pas ceux qui ne respectent rien, je ne peux rien pour vous, non mais, sans blague.

Si je devais me retrouver sur une île déserte, j’avoue que je serais assez critique envers l’environnement, le fait qu’il n’y ait pas de réseau téléphonique (à condition que j’aie toujours mon Smartphone sur moi) et il y a aurait forcément plein de choses qui n’iraient pas comme je l’aurais voulu : trop de sable sur la plage, pas assez d’ombre pour se protéger du soleil ou trop froid sous les feuillages denses de la forêt derrière moi ou trop de requins à proximité du bord de l’eau et pas assez de fruits dans les arbres et trop d’insectes et tout et tout. Pour une fois, ça ne serait pas la faute de mes congénères vu que je serais le seul survivant d’un naufrage et comme par hasard, je crois que j’aurais encore beaucoup à redire sur le bateau en lui-même, sur comment il a mal coulé à mon goût, sur les gilets de sauvetage qui n’étaient pas totalement étanches et sur le fait qu’il n’y avait pas de musique symphonique sur le bateau au moment du naufrage.

Comme dans Titanic car, même si je n’ai toujours pas vu le film, j’imagine bien la musique qui va bien avec le moment où le paquebot plonge dans les eaux glacées envahies d’icebergs. Et si j’avais été passager du Titanic, j’aurais encore trouvé le moyen de critiquer car au bar avant le dîner, quand le serveur m’aurait demandé si je voulais de la glace avec mon cocktail, j’aurais pu demander juste un glaçon et l’iceberg qu’on aurait alors pris dans la gueule, ça m’aurait contrarié car je n’en aurais pas voulu autant. Je vous le dis, je ne suis jamais content. Alors, le mieux, c’est que je ne fasse jamais de croisière, surtout pas chez Costa et encore moins à proximité de l’île du Giglio. Ni dans les eaux froides d’un océan polaire. Bref, le mieux, c’est que je prépare une lettre type de réclamation au cas où. Je la terminerai par « veuillez agréer, madame, monsieur, l’expression de mon agacement distingué. » La prochaine fois, je parlerai des cyclistes en ville.