Comment, déjà 4h45 ? Ah non, heureusement, il est 4h00, il me reste encore trois quarts d'heure avant que le réveil ne sonne. Mais pourquoi diable alors la télé est-elle allumée même en sourdine ? Putain ! 5h25 ! J'aurais dû me réveiller à 4h45. Et compte tenu que tout est minuté chez moi, le matin, il ne me reste plus beaucoup de temps si je veux attraper le tram de 5h40.

Je n'ai pas beaucoup d'alternatives : soit je fais l'impasse sur le petit déjeuner, juste un bol de café pendant que je passe à la salle d'eau. Soit je fais l'impasse sur la salle d'eau et je prends le minimum syndical en termes de petit déjeuner, c’est-à-dire : un café, un fruit et deux yaourts et ne terminerai à Lormont en mangeant une banane dès que je serai arrivé. Soit je prends tout mon temps en sachant que de toute façon, je vais stresser au fond de moi et si je prends le tram suivant, dans une demi-heure, je suppose, que vais me ronger les sangs en me disant que je suis en retard même si personne ne s'en rendra compte puisque je suis toujours dans les premiers à arriver.

Dernière hypothèse, encore endormi comme je suis, je me recouche et je me lèverai en même temps que ce tire-au-flanc de soleil. Et je prétexterai que je fais partie de son comité de soutien.

Mais non, fi de tout ça, je me dois de me lever et de prendre mon tram de 5h40. Donc, je fais l'impasse sur le petit déjeuner et je le prendrai en arrivant à Lormont. De toute façon, je vais dormir la suite de mon sommeil dans le tram et donc, ça compensera légèrement le fait que je serais bien volontiers resté au lit. La couette en moins, dans le tram, évidemment. Mais contre mauvaise fortune, bon cœur.

Et là, en arrivant au bureau, j'ai les yeux en trous de pine et les paupières en capotes de fiacre. Alors, fouette, cocher ! Emmène-moi dans un pays lointain où je n'aurais plus à supporter tout ça. Comment, c'est hors budget ? Bon, ben, viens me chercher tout à l'heure, dans une huitaine d'heures et tu me ramèneras chez moi. Si ce n'est pas trop tard, je ferai une petite sieste. Ce sera toujours mieux que rien.