Il en est des prépositions comme bon nombre d'autres astuces grammaticales de la langue française. Il semble bien que les deux suivantes : "à" et "de" soient toujours utilisées à plus ou moins bon escient. Alors, aujourd'hui, nous allons faire dans le culturel et donner une leçon qui, je l'espère, sera ferme et définitive.

Quand la préposition a une fonction possessive, il est d'usage de se servir de "de" et non pas de "à" ou non pas d'"à". Moyen mnémotechnique pour se le mettre en mémoire : "de de et pas d'a".

En gros, ne dites plus (et corrigez ceux qui font la faute) : la fille à ma sœur mais dites (ou « et dites ») : la fille de ma sœur ou carrément, dites : ma nièce.

Il est des cas où le "à" est plus qu'autorisé. Si vous faites parler ou si vous voulez volontairement parler comme les pauvres, vous pouvez accentuer votre ironie en parlant du chien à la dame ou même carrément du chienchien à sa mémère. Ce n'est pas une faute qui mérite punition car en plus, ça a le mérite de faire rire ceux qui vous entourent. Sauf la mémère mais on s’en fout.

Dans le même genre d'exemples où on peut déborder sans risque, vous pouvez parler du gros sexe de Théodule ou, si vous êtes en forme vous aussi, de la grosse bite à Dudule. En réalité, tout dépend de votre auditoire. Surtout si vous êtes dans une partouze où il est rare qu’on fasse attention à la grammaire et à la syntaxe.

Pour rester dans le même ordre de sujet, il y a aussi le sens que l'on veut donner à ce que l'on dit qui permet de définir si on doit user du "de" ou du "à" : j'ai fait la queue à cheval n'a rien à voir avec j'ai fait la queue de cheval. Pensez-y. Parce que pour le cheval, ça change tout aussi.

Il aurait dû en être de même pour les compléments de prix mais là, "à" est autant toléré que "de" : un journal à deux euros ou un journal de deux euros.

Enfin dernier exemple qui illustre parfaitement le propos à ce billet : ne dites plus : moineau à Paris mais dites moineau de Paris ou encore, et dites « piaf ».