Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille. Il fait un temps à ne pas mettre le nez dehors au risque d’en revenir humide voire trempé. Alors, à moins d’être d’une humidité maladive ou d’avoir un caractère bien trempé, ce n’est pas forcément la chose la plus agréable à subir. Surtout après ces quelques jours d’ensoleillement sec. Comme peuvent l’être le champagne et le cidre. Pas de quoi tomber dans les pommes non plus, hein ?

Il pleut, il bruine, c’est la fête à la triste mine quand on se promène dans les rues, la tête basse, pour ne pas pleurer sans le consentement de nos glandes lacrymales. Ou alors, on a une casquette pour se protéger la tête ou, quand on en a les moyens (surtout celui de le porte sous le bras quand on n’en a plus besoin), un parapluie. Mais je doute qu’il apporte le moindre coin de paradis aujourd’hui.

Il pleut, il bruinasse, c’est la fête aux vieilles godasses. Non seulement on marche la tête basse et parfois les pieds dans l’eau. Pour peu qu’on ait une petite ouverture dans sa vieille paire de chaussures, même pour les chaussettes, c’est trempette. Trempette de la renommée vous êtes bien mal embouchée ! Vivement qu’on rentre chez soi pour enfiler ses douces et chaudes charentaises. Afin de marcher d’un pas plus feutré.

Il pleut, il tombe de l’eau, c’est la fête aux crapauds. Et alors ? Qu’ils en profitent, ces vieux crapauds, c’est le meilleur moment pour eux de tomber sur une âme pure dans un corps sain (ou une âme pure dans un corset), qui accepterait sans négocier d’en embrasser un pour lui redonner un autre goût de vivre, celui de l’eau et celui du pain. Celui de l’amour et de l’eau fraîche. Et ce serait le grand retour des princes charmants.

Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille et moi, en voyant ça de ma fenêtre, je me marre. Mais je ne me marre qu’en douce, qu’en eau douce parce que je sais que mon heure est peut-être venue. Je vais aller dans la rue avec ma casquette, mes vieilles godasses et mes pieds beaux et je vais bien voir si quelqu’un vient m’embrasser et je vais rester tel que je suis ou si je me transforme en prince, ce qui me charmerait plutôt. J’attends les bonnes volontés dans la rue Ste Catherine.