On m’en a raconté une bien bonne, ce matin. Ici, ce n’est pas un lieu où on a l’habitude de raconter des histoires drôles mais celle-ci, comme je suis sûr qu’elle est inédite et surtout, qu’elle est irrésistiblement hilarante, je ne vais pas me priver de vous en faire part. Je suis comme ça, moi, oui, je suis partageur. J’aime que les autres profitent aussi du bon temps que je peux prendre. Alors voilà, c’est l’histoire d’un copilote de la Germanwings qui a 28 ans et qui est dépressif. Un jour, alors qu’il relie Barcelone à Düsseldorf, il s’enferme dans le cockpit et il laisse volontairement l’avion perdre de l’altitude pendant que le commandant de bord essaie de lui faire ouvrir… non, laissez tomber, la chute n’est pas bonne. Je ne suis pas sûr qu’elle vous fasse rire.

On se perd en conjectures sur les motivations du jeune Andreas Lubitz qui se serait suicidé. Reste à savoir s’il a voulu profité de ce qui se fait en Suisse : le suicide assisté. Mais si personne ne lui a dit que le suicide assisté, ça ne voulait pas dire qu’on entraînait quelqu’un ou plusieurs personnes avec soi, comment pouvait-il le savoir, le pauvre gars, s’il était déjà un peu déboussolé pour ne pas dire désespéré. Ou alors, ce n’est pas qu’il voulait se tuer, tout le monde se trompe mais si ça se trouve, il était amoureux, très amoureux et il a voulu ramasser des fleurs sauvages dans la montagne, les premières fleurs du printemps, rares et belles et tenter un record : en ramasser, une vitre du cockpit ouverte mais il a peut-être mal calculé son coup. Il n’a récupéré que des pâquerettes… et encore…

Il y a peut-être encore mille raisons pour expliquer ce geste complètement insensé (allez savoir si parmi les avions perdus corps et âmes dans des océans lointains ne l’ont pas été pour des motifs similaires, je dis ça, je ne dis rien mais suivez mon regard vers l’est…) et qui sait si un jour, si seulement un jour, nous aurons une réponse à toutes ces questions. En tout cas, je ne vois pas pourquoi moi, je ne pourrais pas faire comme tout le monde : télé, radio, presse écrite, Internet et discussions de bureaux. Tout le monde en parle et ne parle que de ça. Alors, je vais en faire autant jusqu’à ce qu’on passe à autre chose. Jusqu’au prochain attentat ou jusqu’à la prochaine catastrophe naturelle ou jusqu’au prochain crash d’avion ou de train. Non mais sans blague, quoi !