Si je comprends bien, en ce moment, pour qu’on passe à la télé, il y a mieux que la téléréalité (Secret Story, les Anges de… et autres programmes indigents où on ne sait plus quoi inventer pour creuser encore plus profonde, la tombe de la culture)… Oui, il y a mieux que ça. Il y a trois excellentes façons qu’on parle de vous dans un journal télévisé de grande écoute et sur les chaînes d’info continue. Ainsi que dans la presse. Et avec un peu de chance, en plus, vous aurez votre portrait accroché à la mairie de votre lieu de résidence et, éventuellement, un comité de soutien, si vous n’êtes pas encore mort. De quoi faire rêver sur le quart d’heure de gloire que tout le monde semble espérer.

La première façon de passer aux infos de façon régulière, c’est de devenir otage des djihadistes. Mais comme c’est déjà très difficile comme ça, d’être otage, si possible, mieux vaut envisager de le devenir en France, en général, on est libéré plus vite. La couverture médiatique sera sans doute la même que si on est en captivité pendant plusieurs mois voire plusieurs années dans un pays lointain du Proche ou du Moyen Orient. Et en plus, si on est otage en France, on a des chances d’éviter de revenir à Paris en avion, sur l’aéroport de Vélizy-Villacoublay, même en héros. Les avions, en ce moment… ils ne disparaissent pas toujours en laissant des traces, c’est assez moyen pour les familles des victimes…

Les avions, c’est comme les hélicoptères, quand il y en a un qui se vautre sur la terre ferme, pour peu qu’on soit dedans, peut-être faudra-t-il attendre quelques jours qu’on retrouve tous les noms des passagers pour savoir qu’on était dedans… à moins d’être un sportif célèbre… à moins d’un effet personnel bien distinct, qui fera pleurer dans les chaumières… ou alors, la dernière solution, c’est d’être victime d’un attentat terroriste dans un train ou un métro ou encore, dans un musée ou une salle de spectacle. Dans tous les cas, si on est mort, on vous pleure et si on n’est que victime, on est presqu’un héros. Du coup, je me tâte pour savoir comment passer à la télé en 2015. Ou alors, j’attends encore un peu.