Beau comme le jour. Clair comme le jour. Je suis de nouveau à jour. Lumineux. Je viens de connaître comme une renaissance. Une naissance. Mais comme les bébés qui viennent de naître, j'ai besoin de passer beaucoup de temps à dormir. Dormir. Dormir.

J'accepte de vivre au grand jour loin de tous les secrets du monde. Toutes ces lourdeurs qui pèsent comme un âne mort, comme un Stéphane mort. Fi de tout Polichinelle, je veux n'être que dans le oui-dit. Et si je ne dois garder qu'un seul secret, qu'on me le laisse cultiver dans le jardin des dieux. Il n'y a pas plus inviolable que le secret des dieux. Mes voies resteront toujours impénétrables même aux plus beaux de tous les oiseaux de nuits. Même pour ceux qui veulent me percer à jour.

C'est un jour nouveau où le soleil a rendez-vous avec le soleil. Quant à la lune, qu'elle aille se faire voir, sauf le respect que je lui dois. C'est un jour neuf, un jour de plus comme le premier : un jour de vie où rien ne m'ennuie ni me nuit. Si ce n'est le temps qui passe, l'effet pervers des jours qui se suivent et se ressemblent en me faisant autre à petit feu. Une peau de chagrin. Mais le chagrin, ce sera pour les prochaines nuits de brouillard, les plus lointaines possibles. Pour l'heure, je ne veux que de l'heur bon, du bonheur. C'est l'heure d'été, celle qui donne plus de lumière naturelle. Celle qui me va le mieux au teint. Mon capital jeunesse et mon capital beauté. Enfin, si on peut dire car pour le moment, je n'en paye que les agios.