C’est avec un plaisir inhabituel que j’ai regardé « Arletty, une passion coupable », avant-hier soir sur France 2. J’ai même tenu jusqu’au bout sans somnoler un seul instant tant je me suis bien senti dans ce téléfilm de bonne facture. Je dois saluer le service public pour une production si bien écrite avec des images superbes et des costumes magnifiques. Et le plaisir de voir une époque révolue où le texte, la parole avaient encore du sens. Où les gens n’étaient pas abreuvés d’images qui vont trop vite. En même temps, cette époque-là valait-elle la peine d’être vécue ? Ces années de guerre, d’occupation et de misère. Et de troubles…

J’ai particulièrement apprécié Laetitia Casta que je connaissais assez peu et qui m’a largement bluffé dans son interprétation de l’actrice au franc-parler, de cette femme qui avait une paire de couilles plus grosses que nombre d’hommes. De cette femme libre qui ne savait pas mentir et qui vivait ses coups de cœur et ses passions sans se soucier du qu’en dira-t-on. Et qui a su (ou pu) aimer deux personnes en même temps : une duchesse résistante et un officier allemand. Deux amours complémentaires, ce que personne ne pouvait comprendre et encore moins à l’époque. Une femme qui avait de la gouaille, de la gueule, quoi.

La question qui se pose, facile, soixante-dix ans après, c’est : peut-on juger l’amour entre deux personnes dont les pays sont en guerre ? Dont le pays de l’un occupe le pays de l’autre. La question est évidemment oui parce que l’amour n’a pas de frontière mais je peux comprendre que du côté des résistants, ça soit difficile à admettre car comment savoir si ces couples mixtes sont juste faits d’amour absolu ou sont des stratégies de collaboration ou de résistance ? Personnellement, je connaissais peu cette histoire d’Arletty et je trouve que le film la réhabilite plutôt bien si tant est besoin qu’elle le soit encore.