On ne va peut-être pas envisager un rapatriement sanitaire pour ça mais j’avoue que ça m’a effleuré l’esprit. Parce que depuis dimanche, j’ai de nouveau la corde au cou, la corde du mal de gorge que je traîne comme un boulet au bout d’une laisse. Tout ça parce que samedi, cette dame, derrière nous, pendant la réunion de l’ADMD, cette dame, grippée, d’après ses dires, n’a pas cessé de tousser et de nous envoyer ses miasmes, sans aucune dignité, justement. Injustement. Et depuis, autant le patron que moi, nous sommes patraques. Lui avec une sinusite et un rhume et moi avec quelque chose qui serait le savant mélange entre une rhinite, une laryngite, une pharyngite et une angine mais heureusement,  je n’ai rien à la poitrine.

Alors est-ce que ça s’empire à cause du fait que je suis une partie de la journée dans le grenier et que probablement, je n’y respire pas un air aussi pur que si j’étais dans les grandes Jorasses ou face au cirque de Gavarnie ? Je n’en sais rien mais ce que je sais c’est que j’en ai marre alors ce matin, j’avais deux objectifs : trouver un médecin rapidement pour un rendez-vous avant midi si possible, à moins d’un kilomètre de la maison et avec une pharmacie sur le chemin. Je ne suis pas difficile, comme garçon, moi. Et un hôtel de remplacement pour les parents, fin mars, à Rennes car le premier qu’ils ont réservé de principe, ça ne leur convient plus pour des raisons que je ne vais pas évoquer ici. J’ai eu la chance de trouver un autre hôtel et un médecin qui me prend à 11h45.

Je n’ai donc pas besoin de téléphoner à Sauce Médecins comme disait mon ancienne patronne, Nicole qui n’arrivait pas à dire S.O.S. non pas parce qu’elle ne savait pas le dire mais c’est qu’elle trouvait ça plus pratique de dire Sauce Médecin. Depuis, j’y pense souvent. À elle. Et à cette façon de le dire. Mais pour un peu,  j’en avais tellement marre que j’ai vaguement pensé, cette nuit, à joindre Médecins Sans Frontières par mail. Et voir si on ne pouvait pas faire quelque chose. Le seul qui m’aurait répondu, si ça se trouve, il aurait été au Yémen ou en Syrie et il m’aurait mis en contact avec un djihadiste. Il paraît qu’ils savent soigner la sphère ORL, eux. Ils tranchent dans le lard et après tu n’as plus mal. Mais en même temps, t’es mort. Je ne suis pas sûr, pour moi.