Eh bien, je ne pensais pas que ça serait encore plus fatigant que deux séances de gym avec le coach mais je peux vous dire que la première après-midi de tri du grenier chez les parents, ça vaut déjà son pesant de cacahuètes. J’ai les jambes en coton, ce soir et le dos en capilotade et la nuque, la nuque, je ne vous dis pas et la tête, alouette, alouette, je te plumerai. Je crois que ce soir, même si je ne dors pas dans mon lit, j’ai des chances de tomber dans un sommeil profond. Ou pas. Je suis capable de tout et même du pire. Même de ne pas dormir. Je me connais assez pour affirmer ça.

En tout cas, j’ai eu des sacrées surprises en montant là-haut et en commençant à m’attaquer à ce qu’on appelle communément mon coin, ici, en langage poitevin. Parce que j’ai trouvé des babioles que j’avais oubliées, beaucoup sans intérêt mais quelques-unes m’ont un peu ému ou m’ont donné l’idée de les offrir à des gens de mon entourage bordelais. C’est assez amusant de plonger dans son passé trente-cinq ans après avoir oublié ce que j’avais rangé dans tous ces cartons et cette grosse malle. C’est amusant mais quand on a su vivre aussi longtemps sans ces choses-là, on peut s’en débarrasser sans regret car on peut continuer à vivre sans elles.

Ce qui m’a le plus crevé, hier après-midi, ce ne fut pas de sortir des cartons pour en extraire ce qui y était enfoui mais de faire l’inventaire de ce que je compte vendre à des bouquinistes et là, j’avoue que la surprise fut encore plus grande que pour les babioles, les vieux vêtements  ou la vaisselle mise de côté on ne sait pourquoi : l’incroyable quantité de revues qui ont probablement pris de la valeur. J’avais complètement zappé que j’avais tout ça et je peux d’ores et déjà vous dire que l’inventaire, accroupi, c’est un métier de jeunes. Et ça, malheureusement…  Ma jeunesse a disparu dans un de ces cartons. Probablement un de ceux qu’on a décidé de jeter sans le fouiller jusqu’au fond.