Stéphane, tu as fait ton  blog ?

Non mais tu as vu l’heure ? Dans moins d’une heure, tu pars à la gym et tu ne vas revenir que pour déjeuner, comme je te connais, aussitôt après, tu iras digérer au cinéma et quand tu vas revenir, après avoir traîné en ville, je ne sais où, tu vas te mettre en cuisine, comme tous les lundis et ton blog ? Quand est-ce que tu l’auras fait ton blog ?

Beuh, je ne suis pas vraiment motivé ni inspiré, ce matin. J’ai mal dormi et ça se ressent. Tout comme cette espèce de lassitude qui m’a envahi depuis quelques temps. J’ai besoin de temps, j’ai besoin de vacances, mes dernières sont bien trop loin pour que j’en subisse encore des effets positifs. Je ne sais pas mais même les prochaines, fin avril, à Lisbonne, pour six jours, elles me semblent encore tellement loin. Sauf que mon honneur sera sauf puisque je serai rentré pour le 26. Le jour du Souvenir des Déportés. Depuis que je sais ça… j’y pense souvent.

Stéphane, tu as fait ton blog ?

Non mais franchement, c’est bien beau de préchauffer le repas de ce midi tout en jouant à FreeCell sur l’ordinateur mais ça n’est pas ça qui va faire avancer le schmilblick. En fait, tu es incorrigible. Depuis que tu as un ordinateur, depuis plus de quinze ans, tu ne sais plus gérer ton temps. Tu ne sais plus t’atteler à quelque chose d’autre. Et ton blog ?

Beuh, en fait, il y a des jours où je ne sais vraiment pas de quoi je vais parler mais comme je m’inflige cette discipline d’écrire tous les jours, parfois, j’avoue, je triche un peu, quand je suis en verve, quand je me sens en verve, plutôt, j’écris plusieurs billets d’avance et je les programme pour qu’ils soient publiés à la cadence quotidienne. Mais là, en ce moment… Bof, quoi. Je reconnais que j’ai une fâcheuse tendance à la procrastination mais que voulez-vous, même avec les meilleures intentions du monde et les plus sincères résolutions dont je suis capable, en pensée, je n’y arrive pas. Je reporte d’heure en heure.

Stéphane, tu as fait ton blog ? Ah non, ça y est ? Fais voir ? Je suis sûr que tu t’en es encore tiré d’une pirouette. Je te connais bien, tiens. Comme si je t’avais fait. Je vais en parler à ton père et à ta mère, moi, pour qu’ils te reprennent en mains la semaine prochaine, quand tu seras chez eux.