Je l’avoue, oui, je l’avoue. Ça fait au moins deux billets que je n’ai pas écrit le nom de Charlie. Non pas que je sois passé à autre chose. Ni à d’autres centres d’intérêt. Et encore moins à d’autres amours. Non. Tout simplement, comme j’ai écrit les deux derniers billets, peut-être les trois ou quatre derniers sans y penser alors que je mettais un point d’honneur à toujours y penser depuis les événements tragiques d’il y a à peine un mois.

Sans y penser, c’est bien là mon problème. À quoi pensais-je donc d’autre ? Qu’avais-je de mieux voire de plus intelligent à dire d’autre, donc, que ces petits clins d’œil qui me plaisaient pourtant plutôt bien ? Non, je crois qu’il n’y a pas que la chair qui est faible, hélas ! Mais l’esprit aussi. Et comme je l’ai déjà dit, dans ces colonnes, la vie continue et fait son travail de sape comme la mer érode les rochers pour en faire des grains de sable.

C’est la vie mais ça ne me convient pas. Non pas que je me prenne pour un héros à citer le nom de Charlie une fois par jour au moins mais c’est ma façon de ne pas oublier. Même si d’autres tentations me tendent leurs bras. Alors, aujourd’hui, sept février deux mille quinze, pile un mois après ce qui s’est passé, je bats ma coulpe et je pense que je ferais bien de me punir. Une mortification ? Non, je me prive de cinéma à quatorze heures. Mais j’irai à 16 heures.