Plus que deux jours et nous pourrons passer à autre chose. Nous pourrons tenter de passer à février et laisser ce mois de janvier de côté. Comme si on n’avait pas spécialement envie de s’en souvenir. Du moins, pas avant longtemps. Le temps d’un peu d’oubli et le temps de l’arrivée d’autres joies et d’autres plaisirs nationaux. Le temps pour nous d’enfouir au chaud le souvenir de celles et ceux qui sont partis sans rien avoir demandé. Le temps peut-être, et tant pis si c’est bien malheureux, que d’autres partent à leur tour dans des conditions terribles. La roue qui tourne. La roue de l’infortune.

Ce mois de janvier 2015 nous laissera des cicatrices même si on peut parfois être agacé quand les mêmes choses reviennent sans cesse sur le tapis. Comme si on n’avait pas compris. Et quand on voit que l’unité nationale dont le peuple français, fier et digne, a fait preuve le 11 janvier, quand on voit que cette unité nationale a tendance à se clairsemer, à se diluer et à se fendre parce qu’après avoir voulu chasser le naturel, il est vite revenu au galop. Chacun pour sa gueule. La couverture à soi et pas seulement la couverture du lit aussi et surtout la médiatique. La malfaisante.

Ce mois de janvier 2015 aura été le mois Charlie. Mais pas que. On l’a déjà  dit et redit. Je l’ai déjà écrit et réécrit. Mais il ne faut pas laisser partir tout ça à vau-l’eau. Il ne faut pas baisser les bras, il ne faut pas abdiquer en pensant que d’autres se chargent du devoir de mémoire et de prendre le relais de ceux qui sont partis. Il faut continuer le combat. Puisqu’il s’agit de guerre. Ça fait plusieurs jours que je ne l’ai pas écrit en ces termes : je suis Charlie. Et je reste Charlie. Envers et contre tout. Je pense donc je suis Charlie. Même s’il n’est pas sorti hier, comme je l’espérais.