Il y a pourtant une énorme différence entre « cela suffit » et la suffisance. Entre le « cela suffit » du peuple grec et la morgue de Jean-Luc Mélenchon, hier soir, lors de l’annonce de la victoire de la coalition de la gauche radicale, Syriza, dirigée par le jeune et pimpant Alexis Tsipras. Parce qu’on aura beau dire, mais que contester, dans cette élection démocratique ? Vox populi, vox dei, si je puis m’exprimer ainsi. Alors bien sûr, ça m’arrange que ce soit un parti d’extrême gauche plutôt qu’un parti d’extrême droite qui gagne une élection dans un pays européen comme la Grèce. Mais pour l’instant, peut-être ne faut-il y voir qu’un coup de semonce contre les hommes et les idées politiques usées du vieux continent.

Quoiqu’il en soit, je me félicite qu’un peuple sache dire non de façon pacifique, à travers les urnes. J’espère seulement que les Grecs auront su plus voter que chez nous, que le taux d’abstention aura été inférieur aux nôtres, qui pourraient nous mettre sur le podium des pays qui devraient avoir honte de ne pas avoir compris combien le droit de vote est important. Je m’en félicite et souhaite à tous les Grecs de voir tout ou partie de leurs espoirs se réaliser. C’est déjà énorme d’y croire et de le vouloir. Et rien que pour ça, d’avoir osé ça, je leur tire mon chapeau et je me dis qu’on devrait en prendre de la graine. Car n’oublions pas que notre avenir, nous l’avons tous dans nos mains et qu’il ne faut pas, qu’il ne faut jamais compter sur les autres.

Et même si l’extrême gauche française soutient Tsipras depuis longtemps, ne nous trompons pas de victoire : cette victoire, c’est la victoire du peuple grec, pas celle de la gauche radicale française, franchouillarde ou politicarde. Jean-Luc Mélenchon, même si on n’accepte pas toutes ses idées, est un homme brillant, un mec convaincant mais de grâce, qu’il ne s’accapare pas la réussite des autres. Que les partis français qui prônent un véritable changement se prennent en mains et fassent ce qu’il faut pour atteindre leurs objectifs. Mais il ne faut pas rester à la surface et ne pas rester sur les bons résultats des autres. Aujourd’hui, je suis non seulement Charlie, juif et policier mais, comme le chantait merveilleusement Mélina Mercouri : je suis Grec.