Je viens de vivre un samedi matin pas tout à fait comme les autres même s’il a commencé comme les autres : un lever à 3 heures de la nuit (à cette heure-là, on ne peut pas encore dire 3 heures du matin), une préparation pas vraiment motivée pour aller travailler (mais quand faut y aller, faut y aller) et la route jusqu’à Lormont tout en écoutant la rediffusion d’une émission d’Europe 1, avec ce trop politiquement correct qu’est Morandini (de la même bande que Bourdin et Brunet) que j’évite pourtant le plus possible tant ça ne m’intéresse pas pour ne pas dire que ça me hérisse les neurones. Et arrivé au bureau, du boulot qui m’attend et une petite chicorée bien chaude pour me mettre sur les rails et puis, et puis, et puis la routine, quoi.

Sauf que… le patron, il a besoin de quelqu’un pour déménager un salon (canapé trois places et deux fauteuils) assez volumineux et peut-être lourd et qu’il ne trouve pas. Même en passant par le Bon Coin, il a sollicité quelqu’un qui avait passé une annonce pour proposer ses services en aide au déménagement mais depuis qu’il l’a contacté, depuis une semaine, pas de réponse de sa part. Comme pour moi, quand j’ai voulu trouver une femme de ménage, la semaine dernière, pour remplacer Kremena qui est partie, sur les trois rendez-vous pris, une seule est venue me laissant une impression assez positive, je l’ai retenue mais elle n’est pas venue le premier jour de boulot que nous avions fixé ensemble.

Du coup, j’en parle à Audren, mon collègue binôme (ou hétéronôme, devrais-je plutôt dire) qui me dit tout de suite qu’il veut bien venir aider le patron, même gratuitement à la seule condition que ça soit tout de suite en débauchant avant qu’il rentre chez lui. J’appelle le patron et nous nous mettons d’accord pour 11h et il me suit en voiture jusqu’au centre-ville, jusqu’au garage de la rue Ducru, en passant par plein de petites rues qu’il ne connaissait pas. Et nous nous attelons, surtout Carlos et lui, au transport du canapé de la maison de Cabirol à la remorque, dans la rue. Et nous fixons le tout, nous prenons les coussins, et nous allons à Talence.

Audren est dispensé de venir pour le deuxième tour, quand il ne reste plus qu’un fauteuil et en revenant, avec le patron, ce dernier me demande si je peux l’aider à aller à l’agence de ma banque, place Pey Berland, qui est celle de son neveu, parti en Australie pour plusieurs mois. Pierre est un peu juste, niveau argent et le patron voulait déposer un chèque pour l’aider. Sauf que nous y sommes arrivés à 12h45 et l’agence était fermée depuis 12h25. D’après les horaires affichés sur la porte. 12h25 ! Mon Dieu, que cette banque, sans doute comme toutes les autres, chipote sur les horaires ! Pourquoi 12h25 et pas 12h30 ? En 2015 !

Et là, je me suis dit que nous ne sommes pas prêts de sortir de la crise quand on voit que les agences bancaires ferment le samedi à 12h25, environ et qu’elles ne ré-ouvrent que le mardi suivant. Alors que la majorité des travailleurs ne peut y venir que le samedi, justement. Franchement, on peut dire que cette banque, que les banques font le minimum syndical. Je ne peux pas dire le nom de ma banque ici mais je peux dire que son symbole, c’est un écureuil qui épargne bien son temps. Je suis sidéré. Manquerait plus qu’ils nous facturent des frais de gestion de compte. Ou alors, au temps passé à travailler, alors. Tiens, je n’ai pas parlé de Charlie, aujourd’hui.