Déjà, je n’ai jamais vraiment ça, « l’après-midi d’un faune », de Nijinski, c’est une pièce de ballet qu’on a peut-être trop vu et revu sans qu’elle soit jamais vraiment modernisée. Déjà, le poème de l’autre Stéphane, là, le Mallarmé, j’ai toujours eu du mal avec alors que j’aime globalement bien cet auteur même s’il est très souvent hermétique mais non, en fait, c’est le sujet même qui me dérange, qui ne me parle pas et qui m’ennuie.

Et hier soir, même si on a craint justement de le re-re-revoir, cet Après-midi d’un Faune, à l’occasion de cet hommage au chorégraphe dans un spectacle intitulé Journal de Nijinski, à l’Opéra de Bordeaux, finalement, j’aurais encore préféré m’ennuyer devant. Et non pas assister à ce fatras de n’importe quoi. Pardon, je m’égare, je manque de respect envers l’artiste qui a créé cet opéra-opérette. Déjà, qu’on ne peut même pas définir.

Je pensais bêtement venir assister à des ballets (ou à des extraits de ballets) mais il n’en fut rien, nous avons eu droit à six personnages (en quête de metteur en scène ?) : deux chanteurs, deux danseurs et deux comédiens qui chacun, jouait le même rôle, celui de Nijinski, parfois séparément, souvent en même temps et le tout en allemand, la plupart du temps plus scandé que récité et plus en mélopée qu’en harmonie.

Mes yeux et mes oreilles ont souffert. Je me suis senti agressé par tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai entendu, tout ce qui a été appuyé au lieu d’être suggéré. Tous ces moments obscènes. Toute cette musique dissonante. Bref, autant vous dire que rien qu’au bout de dix minutes, déjà, j’en avais largement assez et je n’avais qu’une seul peur, c’est que ça s’éternise. Si encore on avait eu droit à un « ich bin Charlie », j’aurais pu faire un effort.

Et pourtant, Dieu m’est témoin que je suis largement germanophile (clin d’œil à Arnold, ce qui ne sert à rien vu qu’il ne vient pas dans ce blog) et assez ouvert en termes de spectacles et d’art mais là, je dis non. Du coup, je suis parti avant la fin, avec le patron. Seul le président a su se tenir et tenir jusqu’au bout. Même Juppé est sorti hagard de cette représentation pendant que nous attentions le président. Vraiment, j’aurais mieux fait de rester au chaud chez moi.