Ça fait deux semaines aujourd’hui que ça s’est passé. Que ça a eu lieu. Et même si on commence à vivre avec, à faire comme si rien n’avait changé, moi, je persiste à penser que ce n’est plus tout à fait comme avant. Tout comme je pense qu’il y a un avant et un après le 11 septembre 2001 à New York, aux États-Unis. En France, toutes proportions gardées, je pense que nous aurons aussi une date qui servira de témoin ou de borne d’un nouveau point zéro. Je ne sais pas dire si ce sera le 7 janvier, jour de la première attaque terroriste ou le 11 janvier, jour du rassemblement national.

En tout cas, je me souviendrai longtemps de ce 7 janvier et des deux jours qui ont suivi. De cette stupeur qui m’a habité pendant tout le temps où je suis resté scotché devant l’édition spéciale du journal de 13 heures de France 2. Devant Élise Lucet qui m’a ému au moment du générique de fin, alors qu’elle a eu l’air d’accuser le coup. Je n’oublierai jamais les mots que j’ai chuchotés comme pour ne pas prendre le risque de déranger quelqu’un. Tous ces mots d’incrédulité. Tous ces mots de refus. Tous ces mots de colère qui ne voulaient pas sortir, eux, en revanche. Pas encore.

Et j’ai eu du mal à retenir quelques larmes tant j’avais le cœur au fond de la gorge. Et ça a continué avec les autres attentats et tout de suite, je me suis senti solidaire de Charlie. Puis des policiers. Puis des Juifs. J’ai failli pleurer à chaque fois que j’en ai parlé autour de moi, à des collègues, au téléphone avec mes parents, à mes amis proches… Et ça s’est un peu calmé. Malgré tout. Parce que même si on reste debout, quelque part, il y a une forme de résignation. Quoiqu’il en soit, une chose est plus que certaine, maintenant, je sais que l’anagramme de Charlie, c’est chialer.