C’est demain que paraîtra le nouveau numéro de Charlie Hebdo. Le numéro d’après. Le numéro de la nouvelle série, celle qui va démarrer dans une ambiance particulière parce que je suppose que toute la rédaction est partagée entre l’envie de continuer, la tête haute et la tristesse mêlée de colère de ne plus être avec ceux qui sont partis. J’aime beaucoup la une cruelle (l’édition du soir de Ouest France) « balles chez Charlie, douze morts » en hommage à une autre, tout aussi cruelle, de Hara-Kiri hebdo du 16 novembre 1970 : « bal tragique à Colombey : 1 mort ». Comme quoi, un dessinateur, un caricaturiste, même à terre, il peut se relever et continuer de combattre avec son arme : le rire.

balles tragiques

Celle du numéro du 7 février 2015 n’est pas aussi percutante que celle du paragraphe précédent mais j’ai beaucoup aimé un des derniers dessins de Charb d’une prémonition incroyable comme s’il était en contact avec son futur proche : « Toujours pas d’attentat en France » et on y voit un homme armé, probablement un terroriste mais d’allure bonhomme qui précise : « attendez, on a jusqu’à la fin du mois de janvier pour présenter ses vœux. » Sans doute un des meilleurs dessins de Charb maintenant qu’on peut le lire avec le recul de l’horreur qui s’est passée la semaine dernière et dont nous subissons encore les contrecoups cette semaine.  

voeux

Ils n’allaient pas rester sur leur quant-à-soi, chez Charlie et il faudra apprécier à sa juste valeur le dessin de ce qui pourrait être la couverture du numéro 1178, à paraître demain, avec le Prophète une nouvelle fois caricaturé, triste, la larme à l’œil et tenant un « Je suis Charlie » entre ses mains et disant que « tout est pardonné ». Quelle force dans ce dessin qui est à la fois drôle et pathétique ! Quelle force de cet humour noir face à l’adversité. Chapeau bas, messieurs car c’est à ça qu’on mesure l’intelligence et le courage. Je suis amateur, je suis fan, je suis Stéphane et je reste aussi Charlie et ça durera aussi longtemps qu’il le faudra. 

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