solidaires

Quand je pense à ces manifestations d’il y a quelques semaines, peut-être quelques mois suite à la mort brutale d’un jeune écologiste sur le site du barrage de Sivens, quand je pense à ces manifestations nationales, à celle, passée sous les fenêtres de chez moi, contre les policiers, contre la violence policière et pour le « désarmement des flics », ça m’avait un peu sidéré qu’on continue encore et encore à faire des amalgames, nouveau sport national. Je n’avais rien dit, à l’époque, car je ne voulais pas passer pour le ronchon de service, encore et toujours. Il y a des fois où j’aime aussi les rôles de composition. Si, si.

Il n’empêche que ces derniers jours, je me suis fait la réflexion que si on avait écouté ces manifestants en colère (peut-être justifiée, la mort d’un homme n’est jamais normale surtout dans des conditions comme celles de Remi Fraisse mais pas justifiée à ce point-là), si on les avait écoutés, tous ces gens contre la police, on aurait eu l’air fin, cette semaine avec des policiers sans arme pour tenter de se défendre et de sauver d’autres vies, celles des civils et des innocents. Et je pense que nos trois terroristes auraient été plus difficiles à stopper avec juste des mots « on vous demande de vous arrêter ! », laissez-moi rire. On en a besoin.

Quoiqu’il en soit, ces derniers jours, éprouvants au possible, ont démontré que la police n’est pas là que pour emmerder les pauvres gens, ceux des cités pas plus que ceux des beaux quartiers et quand ils remplissent leur mission comme ils l’ont fait cette semaine, je pense qu’on n’a qu’une seule chose à faire et surtout à dire, c’est merci à la police, aux gendarmes, aux flics. Dire merci aux agents, aux cognes, aux hirondelles, aux roussins, aux gardiens de la paix, aux poulets et à tous les autres synonymes que j’ai oubliés. Parce que, franchement, vous ne croyez pas qu’on a tendance à ne retenir que les choses négatives et là, ils se sont comportés en héros.

Ils se sont comportés en héros, certains sont morts pour la France, comme on dit dans ces cas-là. Morts au combat comme des soldats meurent sur des fronts de guerre. En 2015, en France. Quelque chose que l’on n’aurait pu imaginer que dans des scénarii de films. Ou dans des bons thrillers. Et même dans des mauvais. On ne serait pas tombé dans le panneau malgré tout car on aurait trouvé ça trop gros, trop peu crédible mais on aurait trouvé que les scènes d’action étaient quand même plutôt réussies. Mais une histoire comme ça, ça n’arrive jamais dans la vraie vie. Jamais. Enfin, si, ça peut arriver, désormais. Ç’est arrivé près de chez nous.

Alors voilà, demain, si je peux, lors du rassemblement de Bordeaux, j’insiste bien, si je peux, j’irai en saluer un, j’irai lui tendre la main à un homme en uniforme qui est là pour que nous puissions vivre en paix. Et je ne lui dirai que ça : merci. Parce que si on sait critiquer, souvent voire tout le temps, il faut aussi savoir dire merci. Et ne pas oublier que si je suis Charlie, je suis flic aussi. Et merci à la B.R.I., merci aux forces du R.A.I.D., merci aux G.I.G.N. et G.I.P.N. Et aux simples policiers, hommes et femmes, même aux postes les plus simples. Et pardon si parfois, on a tendance à les considérer pas toujours très, très bien. Voilà, ce matin, c’est ce que je voulais dire.