marche

Le rassemblement avait lieu à proximité de la mosquée El Houda, près des Capucins et était organisé par les représentants des cultes de Bordeaux et Alain Juppé dans le cadre de Bordeaux partages. Le but était de faire une marche silencieuse jusque dans la cour de l’Hôtel de Ville en passant devant la Synagogue, devant le Temple du Hâ et devant la cathédrale St André. Nous étions une colonne importante de gens de différents horizons, de tous les âges, de toutes les tendances et c’était très bon de se sentir ensemble même si tout le monde était un peu « chacun pour soi » malgré tout. Difficile de faire connaissance dans ce genre de manifestation. Mais nous y étions, avec le président. Mais j’y étais. Au milieu de tous ces inconnus mais quand même frères. Frères d’armes et frères de larmes. Frères contre l’horreur et la barbarie.

Je me devais d’y être. Je me suis organisé pour y être malgré l’horaire peu pratique (14 heures) et étonnamment, malgré la bruinasse qui se manifestait elle aussi, cette fois, dans ce cortège, je n’ai pas eu les larmes au bord des yeux, pour une fois, depuis deux jours. Parce que depuis mercredi matin, je peux vous dire que j’ai versé quelques larmes de trop. Quelques larmes qui n’auraient jamais dû être. Mais que voulez-vous que je fasse contre ? Quand on est bouleversé, mieux vaut ne pas refouler sa peine et son expression. Mais ces larmes, qui ont failli me manquer, pendant cette marche silencieuse, sont finalement arrivées à la fin, dans la cour de la mairie quand les différents représentants des cultes ont pris chacun la parole, puis Alain Juppé et quand on a tous entonné la Marseillaise, enfin. Difficile à chanter, du coup, quand on a des sanglots dans la voix. Et les lunettes humides.

Et j’y serai encore dimanche après-midi, pour le grand rassemblement place des Quinconces. Nous y serons avec le président, avec le patron, avec Claude, avec Isabelle et avec d’autres parmi de nombreux autres. Inutile d’aller à Paris même si j’aurais préféré pour être encore plus tous ensemble mais nous serons quand même tous ensemble, tous unis, même à distance et plus nous serons réunis dans le plus de villes possibles, plus nous aurons montré notre détermination pour dire NON. Et je suis déjà très ému de savoir qu’Angela Merkel, David Cameron et Mariano Rajoy. Que nous serons plus qu’unis en tant que français mais aussi en tant qu’européens. Et de se savoir soutenus à travers le monde. Si ça se trouve, il en manquera peu pour que le monde entier se lève en même temps pour dire NON. Chacun avec un crayon à la main ou son badge « je suis Charlie » et montrer à tous ces fanatiques que le propre de l’homme, c’est le rire. Et la tolérance. Voltaire, ils m’ont mis la honte mais je resterai debout.