Je voudrais juste revenir sur mon billet d’hier et remettre les pendules à l’heure d’hiver. J’ai présenté mes vœux de grosse, de grosse et de grosses à tout le monde mais en réalité, j’avais quelques restrictions à ajouter aujourd’hui, si je veux être juste et surtout, ne rien gaspiller. Parce que ça n’est pas la peine de souhaiter une bonne année 2015 à celles et ceux pour qui ce sera une année pourrie. Et comme j’ai quelques listes sous les yeux, sans dire aucun nom en particulier, je voudrais juste dire à celles et ceux qui sont concernés, que ce n’est pas la peine de prendre mes vœux pour argent comptant.

Déjà, je voudrais que toutes les futures victimes des deux prochaines crachs d’avion n’entendent pas que je leur souhaite une bonne grosse année car de toute façon, si c’est comme tous les ans, avant la fin du mois, ils ne seront plus de ce monde. Et je voudrais aussi parler des resquilleurs, ceux qui étaient dans l’avion d’Airasia qui a disparu en mer de Java. Ils auraient pu attendre quelques jours et disparaître en 2015 au lieu de plomber le réveillon de leurs proches fin 2014. Franchement, souffler, ça n’est pas jouer. Et je les montre du doigt en leur faisant « hou les cornes ! » car ça n’est vraiment pas beau de tricher comme ça.

Je voudrais aussi dire à ceux qui rôtiront dans les flammes de l’incendie de leur immeuble, avant la fin du mois, que là encore, je ne leur souhaite rien d’autre qu’un bon mois de janvier même si celui-ci est tronqué. J’ai aussi une pensée pour ceux qui mourront dans un accident de voiture et à qui souhaiter une bonne année ressemble plus à une énorme moquerie de mauvais goût qu’à quelque chose de sincère. Ils se reconnaîtront comme Dieu reconnaîtra les siens. Je ne vais pas en plus leur mâcher le travail et leur dire qu’ils font partie des futures victimes, non. Franchement, on vit une drôle d’époque, c’est moi qui vous le dis.

J’ai également une pensée pour les prochains boat-people avec plusieurs centaines d’immigrants à bord et peu importe s’ils vont couler dans les eaux territoriales italiennes ou grecques, le principale, c’est qu’on ne leur envoie aucune carte de vœux car ils ne la recevront jamais. De toute façon, on n’a pas leur adresse. À aucun d’eux. Alors, à moins qu’ils n’aient tous une adresse email, il resterait l’éventualité d’une Dromacarte ou d’une Cyber-carte mais entre nous, est-ce qu’ils savent au moins lire le français ? Ou l’italien ? Non, je pense que la décence veut que nous nous abstenions. Ça me semble plus correct. Et plus respectueux.

Enfin, je voudrais aussi avoir une pensée pour tous les malades incurables qui ne finiront pas l’année. N’est-ce pas contraire aux bonnes manières que de leur souhaiter le meilleur pour 2015 ? À moins de leur souhaiter qu’un texte de loi, digne de son nom, sur la fin de vie soit enfin voté, je crois que pour le reste, ils s’en moquent un peu. Et une dernière pensée pour les femmes et les enfants battus en leur disant qu’on ne va pas leur souhaiter une bonne année car à tous les coups, ils préfèrent sans doute ne pas en recevoir. Et si jamais ils ne s’en sortent pas, on est à la limite des vœux mensongers et moi, je ne veux de problème avec personne.