Je suis de plus en plus sidéré par toutes ces émissions de radio dans lesquelles, désormais, on privilégie les propos des auditeurs, par téléphone ou dans le studio, en direct. Avec tout ce que ça comporte comme avis inutiles car manquant singulièrement de recul et d’analyse. Et avec tout ce que ça représente de quant à soi et avec tout le catalogue des idées reçues et des préjugés. À croire que les gens se complaisent dans la frustration et le mécontentement perpétuels. À croire que nous sommes le vrai pays du mur des lamentations. Comme s’il n’y avait décidément jamais rien de positif à dire, ici, en France. Le pays du marasme.

Je m’insurge contre cet état de fait qui nous rend encore plus tristes et pessimistes. Et encore une fois, j’accuse, comme disait mon vieux pote Émile, ce vieux Gorgon, j’accuse les médias de ne pas bien faire leur travail et de maintenir cette pression négative. J’accuse les médias de prendre position systématiquement contre tout ce qui n’est pas politiquement correct. Et j’accuse ces mêmes médias  de donner aux peuples les bâtons pour se faire battre, d’une part, mais pour battre les dirigeants, d’autre part. Il y en a vraiment marre de ce discours ambiant qui ne sait pas avoir d’autres nuances que celles de la morosité et du pessimisme.

Quand j’entends dire que nous sommes 64èmes sur 65 dans le classement des pays les plus pessimistes. Comment voulez-vous que les ménages français, abrutis à force d’idées déjà pré-pensées, puissent avoir une autre opinion que celle reléguée par ces journalistes et cette presse qui ne pense qu’à faire du sensationnel à n’importe quel prix ? Et comment voulez-vous qu’un peuple puisse avoir une haute opinion de son pays quand il voit comment se comportent les hommes politiques qui disent le gérer ? À l’aube de 2015, je ne remercie pas Valérie ni Cécile. Et je félicite Patrick et Jean. Chacun est libre de ses choix de références.