Finalement, comme je n’ai pas été gâté pour Noël a contrario de tous les gens que je connais autour de moi, j’ai décidé de me faire Noël tout seul comme si j’allais me faire hara-kiri car deux jours après le jour N, les magasins sont toujours remplis, non pas d’acheteurs potentiels, cette fois mais de rendeurs de cadeaux non désirés ou qui ne conviennent pas. Et de spéculateurs sur les cadeaux reçus. Du coup, j’ai décidé de jouer à la marchande et à celui qui fait un cadeau surprise à quelqu’un qu’il aime plus ou moins mais ce n’est pas tant l’affectif qui compte, là, mais bel et bien le fait de faire un cadeau coûte que coûte.

J’ai décidé de me faire ce cadeau à moi-même et je me suis demandé ce qui pourrait me faire plaisir mais je n’allais pas taper dans la liste qui est affichée dans le bureau, non, ce serait vraiment trop simple et tant qu’à faire, on n’a qu’à dire que je fais ce cadeau à la partie de moi-même que j’aime le moins, alors, le but, n’est pas tant de faire plaisir que de marquer le coup en insistant bien sur le « tu as vu, j’ai pensé à toi » et j’ai éliminé le dernier triple album compilation de Mireille Mathieu car là, pour le coup, je suis sûr que j’aurais pu y trouver mon compte dans quelques chansons sorties de leur contexte. Alors, j’ai réfléchi.

J’ai pensé à un mixeur plongeant mais comme je sais que je suis plutôt axé cuisine, chez moi, ça ferait sans doute un cadeau bien trop attendu. La seule chose qui aurait pu me faire flancher vers ce choix, c’est que comme j’en ai déjà un, ça m’aurait énervé d’en avoir un deuxième sans savoir ce que j’en aurais fait. Ensuite, j’ai pensé à un livre. Pourquoi pas justement un beau livre de cuisine bien gros, bien épais, comme ceux qu’on range dans le bas d’une bibliothèque et qu’on oublie à jamais parce que je n’aime pas les livres de cuisine sans photo et celui que je me serais offert n’en aurait pas, justement. Non, trop cousu de fil blanc.

Après, j’ai fini par me dire que j’allais faire comme beaucoup de mes congénères (vous apprécierez le fait que j’ai écrit leur nom en un seul mot) et je me suis rendu dans différentes boutiques de Bordeaux pour trouver quelque chose à n’importe quel prix tout en sachant que ça restait une expression car je ne voulais pas dépenser plus de 50 euros. Il ne faut pas pousser non plus. Je veux bien me faire un cadeau mais pas me ruiner. Et j’ai fini par tomber sur un kit mosaïque de 20 sur 20 représentant un panda. J’ai trouvé ça hideux mais c’est pour offrir, alors… Et de toute façon, ce n’est pas l’objet ni sa valeur qui comptent mais bel et bien l’intention, comme on dit.

Quand j’ai ouvert le paquet, bien sûr que j’ai fait semblant d’y croire et de trouver ça gentil. J’ai réussi à dire que je ne trouvais pas ça très beau mais je n’en pensais pas moins. À l’image de cet autre moi qui me l’a offert. Et une fois que je me suis retrouvé seul, j’ai sauté sur un site de revente en ligne et j’ai trouvé preneur pour 12 euros frais de port non compris. Du coup, je suis content. Oui, je suis content parce que dans l’histoire, j’ai gagné 12 euros. Et en ces temps de crise, ça n’est pas rien. Peut-être que je pourrai m’acheter un truc qui me plaît avec 12 euros. Et au moins là, je suis sûr de me faire plaisir. J'ai des goûts simples, moi.