Il y a quelques années, on entendait beaucoup le slogan de la lutte contre le Sida : « il ne passera pas par moi », excusez la comparaison avec ce que je vais écrire en cette fin de journée de veille de Noël où tout n’est qu’amour partout, à Bordeaux, en Aquitaine, en France, en Europe et dans le monde entier. Peut-être même dans l’univers dans ce qu’il a de plus absolu. Ce soir, tout n’est qu’amour, don de soi, altruisme et toutes ces choses qui élèvent l’humain vers le haut. De plus en plus haut. N’en déplaise aux esprits chagrins. Et rien n’empêchera que tout à l’heure, il sera minuit chrétiens et que demain matin, il sera né le divin enfant.

Moi, je persiste et je signe à refuser cette fête totalement détournée de son sens premier comme la plupart des fêtes religieuses voire laïques et républicaines. Je refuse de succomber aux charmes souffreteux de ces fêtes sur commande où sans doute qu’ils sont nombreux ceux qui n’en pensent pas moins alors qu’ils y participent. Ça ne m’empêche pas de penser à ceux que j’aime. C’est plus facile que de penser aux plus démunis. Et ça ne m’empêche pas de faire la fête comme un malade : il est probable, oui, que j’aille me coucher à 21h45 au lieu de 21h30 comme tous les soirs ou presque en ce moment. Si ça, ça n’est pas du réveillon, dites-moi quoi, alors.

Et pour être sûr que le Père Noël, ce douteux personnage (vous ne m’enlèverez jamais de l’idée qu’il a dû y en avoir qui en ont profité mais je dis ça, je ne dis rien) ne pénètre pas chez moi, j’ai acheté un appartement sans cheminée d’intérieur. Et nous avons quelques bouches d’aération (au moins une dans chaque pièce) que nous avons nettoyées et remises en service, au début de l’année et je peux vous dire qu’il ne passera pas par là non plus. J’y ai mis des tapettes à Père Noël. Je vous jure qu’il n’insistera pas et qu’il comprendra vite qu’il devra aller se faire voir ailleurs. Je n’ai pas pu boucher tous les orifices de l’appartement mais je l’ai fait mentalement. C’est déjà ça.