Une journée banale. Ordinaire. Voire insignifiante. C’est la journée de ce samedi, que je viens de passer. Je dis « que je viens de passer » car à un peu plus de 17h, je considère que la journée est quasiment terminée. Et c’est comme dans les tarifs de parkings publics : toute journée commencée est considérée comme achevée (et non pas due, c’est la seule différence.)

Et ce temps qui passe sans que rien d’autre ne se passe me laisse indifférent. Si ce n’est que j’ai remarqué qu’il ne s’est rien passé et que l’instant présent ne fait rien que foutre le camp dans le passé à peine au temps de s’écouler. Franchement, comme inoccupation, y a mieux, non ? Je ne sais pas moi, regarder les mouches au plafond, par exemple… Non, je déteste les mouches et je n’aime pas spécialement regarder le plafond. Déjà que le ciel est gris…

Voilà, c’est ça, une journée morne plaine et gris mine. Pas de quoi se fouetter le sang. J’ai un peu de mal à me réveiller et je me lève sauf que je ne bouscule personne. Je pars travailler en voiture en ce moment car je commence trop tôt pour avoir le premier tram, pour aller bosser  alors que je n’en ai pas spécialement envie mais bon, contre étoile éteinte, j’ai fait esprit de corps. À celui qui se défendait de ma volonté… et justement, dans ma voiture, j’ai conduit mécaniquement, machinalement, tout seul, dans une espèce de solitude plate…

Ou de platitude fadasse. Rien de bien folichon et je suis arrivé au bureau, le premier de l’équipe de jour. Et la journée s’est enquillée mais pas comme un chien dans un jeu. Non, tout s’est bien déroulé, sans heurt, ni contraintes ni même plaisir. Rien, non, rien de rien. Même pas de quoi regretter quoique ce soit.

Et j’ai terminé mon travail, sans artifice, d’une façon monotone, monocorde et monochrome. Comme si j’avais été seul. Alors que, contrairement aux autres samedis, beaucoup de collègues étaient là. Et je suis parti. Et je suis revenu. Et j’ai retrouvé mon chez moi. Et je n’ai quasiment rien fait d’autre. Ah si, je suis allé rendre visite à la famille Bélier, quand même. Et au patron, aussi.

Toujours le même monde dans la rue Ste Catherine. Toujours cette même sensation de grisaille de morne plaine à ce moment de la journée. Toujours la même envie d’aller m’échouer sur le canapé mais je dois préparer une quiche au fromage de chèvre, histoire de changer un peu de la routine. DE changer un peu de quelque chose. D’avoir un goût différent dans la bouche mais aussi dans la vie.

Alors, je vais quand même tenter de résister, sans doute mollement mais tant pis, à cœur peu vaillant, tout semble passable. Et c’est donc définitivement ainsi que se sera déroulée ma journée. Un samedi d’avant Noël. Une journée ordinaire. Simple. Commune. Ma petite vie. Une vie ordinaire. Une vie commune.