On dirait que le ciel est réticent à rester bleu comme s’il avait fini par se résigner. Comme s’il avait abdiqué sous le poids des nuages qui le poussaient vers une sortie peu digne. Baisse les bras plutôt qu’aller à l’affrontement, c’est peut-être une bonne solution pour lui mais pour nous, c’est assez étrange de voir qu’on ne sait pas à quoi ils jouent, là-haut. Un coup bleu, un coup blanc, un coup gris et tout ça en quelques heures diurnes. On frôle le psychédélique. Et ça fatigue les yeux et ça use le moral d’être toujours à retourner sa veste pour l’enlever ou la remettre. En même temps, on ne peut pas en vouloir à un petit bleu de se faire voler la vedette par un groupe de gris-nez.

Il n’y a pas que le ciel qui semble hésiter, non, même le mois de décembre semble vaciller de plus en plus sur ses bases et laisse à croire qu’il ne tiendra pas trois semaines de plus, à quelques jours près. Décembre hésite entre jours clairs et heures ennuyeuses et ce ne sont pas les éclairages abusifs de Noël bien avant l’heure qui vont y changer grand-chose. Décembre est un mois paradoxal, celui qui clôture tout dans les bulles et les cotillons tout en étant celui des jours de plus en plus courts. Celui des inégalités poussées à leur comble. Celui des indécences les plus extrêmes.

Même moi je m’y suis mis, à ne pas savoir comment aller. Bien ou mal ? Mon organisme est dans l’incertitude quasi-permanente. Comme si aller bien ne pouvait être excusable, je persiste à revenir dans des vieilles douleurs au cas où trop de bien-être nuirait à ma santé. J’ai même recours à des nouveaux maux au cas où. Comme une réticence à un état normal. Je vacille sur mes bases, moi aussi mais j’ai un lien organique très fort avec le mois de décembre et la fin de l’année. Sans doute est-ce le prix à payer, l’âge avançant. On ne me l’a jamais dit, je ne fais que le déduire.