Il ne faut pas croire tout ce qu’on lit dans les journaux ni même dans les blogs et encore moins dans le mien même si celui-ci est quand même le moins perverti de tous ceux qui existent, dans le genre. Et ce n’est pas parce que son auteur est lui-même un pervers, toujours dans son genre, que le contenu de ce qu’il écrit peut l’être. Et en plus, suis-je entièrement responsable de mes paroles ? De mes actes, oui, mais de mes propos ?

Quoiqu’il en soit, hier, je parlais comme si j’avais vraiment bu trop de vin, comme si ma coupe était pleine et comme si j’allais avoir le mal de tête de celui qui cuve, le lendemain, soit aujourd’hui. Il n’en est absolument rien, la preuve, c’est que j’ai eu la migraine (et pas que) pendant deux jours mais que je me suis levé ce matin en ayant enfin la tête claire. Donc, c’est bien la preuve que je ne parlais pas de moi, hier. De toute façon, je ne bois quasiment pas de rouge.

Les jours de fête où j’ai envie d’oublier peu ou prou certaines choses de ma vie, je préfère boire du champagne dans une flûte que je trouve enchanteresse ou du vin blanc ou du vin rosé. Des choses un peu plus raffinées et élégantes. Mais pas du rouge. J’ai pu en aimer quelques-uns, en arrivant à Bordeaux, il y a près de quinze ans mais le naturel a pris le dessus et j’ai même pu me remettre au champagne après près de vingt ans où ça me fut impossible.

J’ai arrêté de boire du champagne pour oublier. À la différence de ceux qui boivent pour oublier. J’ai toujours eu une relation étrange avec l’alcool parce que ce n’était vraiment pas réciproque. Il y en a peu que j’aime mais quand je les aime, ce sont eux qui ne m’aiment pas. Et quand je parle d’alcool, je veux parler uniquement de ceux cités dans le paragraphe précédent : blanc, champagne et rosé. Que des choses douces à déguster même si probablement violentes pour les nerfs.

Pourquoi ai-je dû arrêter de boire du champagne. Parce que, en janvier 1988, au siècle dernier, j’ai assisté à quelques intronisations chez Piper-Heidsieck, dont celle de Sheila en tant que « dame écuyer » et j’en ai vraiment trop bu, de l’après-midi au cœur de la nuit pour ne pas dire au petit matin, mes souvenirs étaient déjà flous dès le lendemain. Et la migraine que j’ai alors subie m’a dissuadé d’en reboire pendant des années et des années.

Ma vie se passe très bien sans alcool et sans lui, je confirme que la fête peut-être très folle. Pas toujours plus mais souvent autant. Parce que tout est aussi dans la tête et que je n’ai jamais eu besoin de beaucoup d’artifices pour me sentir bien (ou mal) au milieu de mes amis (ou d’inconnus) et j’affirme aussi que sans alcool la vie est plus douce et plus fluide. Les choses se passent mieux. Mais tout n’est qu’une question de goût. D’appétence.

Voilà, alors avant de conclure, je propose qu’on porte un toast au fait que je ne bois jamais. Ou si peu. Et c’est justement ce qui est drôle : porter un toast pour arroser le fait de ne pas aimer spécialement l’alcool. J’aime bien ce qui est drôle, ironique et parfois absurde. Comme porter un toast en l’honneur du grille-pain. Mais pas avec un verre d’alcool, non, avec une tasse de café, alors. Voilà, j’espère que les choses sont plus claires pour tout le monde.