Il faut savoir que sous des dehors de mec un peu rebelle (surtout de la mèche, quand j’ai les cheveux un peu plus longs que la normale), je suis quelqu’un de très attaché à certaines habitudes et en particulier à celles, alimentaires, des menus de la semaine. D’une façon générale et en fonction des saisons, il y a des plats que je fais systématiquement une fois par semaine ou, au pire, trois fois par mois et j’en veux pour preuve : salade de tomates-feta-basilic en été, poêlée de choux de Bruxelles avec des œufs et du fromage râpé en hiver, gnocchis au gratin avec des légumes provençaux en été, poêlée de gnocchis aux champignons en hiver, pizza du dimanche soir (toujours la même, été comme hiver)… pour ne citer que les plats les plus récurrents.

Et parfois, force m’est de changer ces habitudes car nécessité fait loi et si j’ai du monde à la maison le dimanche, je ne vais pas forcément faire la pizza qui va bien et donc, soit je la fait sauter d’une semaine, soit je la prépare en semaine et personne ne peut comprendre combien ça peut être troublant de se voir manger la pizza du dimanche soir un lundi ou un autre jour de la semaine. Car on a beau dire, ça n’est pas tout à fait la même chose. Et ça donne un petit picotement de plaisir en plus car on a l’impression de transgresser une règle. Voire de vivre dangereusement. Et à côté de ça, les grands reporters, c’est de la gnognotte, c’est moi qui vous le dis. Et Koh Lanta, c’est du niveau de la maternelle, ni plus, ni moins. Moi, je dis ça, je dis rien.

Et hier soir encore, j’ai pris des risques énormes. J’ai acheté de quoi faire un petit salé aux lentilles, hier matin, le petit salé-lentilles annuel, donc et j’étais super content car j’aime beaucoup ça. J’avais tout prévu en prenant quelques carottes, oignons et poireaux qui vont bien avec dès dimanche matin au marché de la place Pey Berland mais j’avais juste oublié une chose. Ou alors, j’ai mal choisi ma viande, mais je me suis retrouvé avec une palette à dessaler pendant 24 heures. Comme je comptais cuisiner ça hier après-midi, parce que je ne travaille pas le lundi, autant vous dire que j’étais un peu marri. Un peu contrit. Voire un peu colère. Car ça ne m’arrangeait pas du tout de ne pas le cuisiner un jour où j’ai le temps. Et ça contrariait mes plans et je n’aime pas ça.

Par conséquent, je vais sans doute être obligé de le préparer soit aujourd’hui ou au pire, demain. Je ne sais pas encore car cet après-midi, j’ai sport avec le coach mais comme j’ai réussi à lui faire avancer le cours d’une demi-heure, en le commençant à 15h30, j’ai des chances de pouvoir être rentré chez moi et de m’y coller, au petit salé, vers 17h et si je me débrouille bien, ça pourrait le faire pour ce soir. Ou alors, je pourrais commencer de le préparer et le terminer pour demain soir. Tranquillement, sans stress et la fleur au couteau de cuisine. Pour ça, j’aviserai en temps voulu, c’est-à-dire en rentrant de la salle de gym car tout dépend de ça, bien évidemment. De toute façon, pour ce soir, j’ai une solution de rechange, si besoin : j’ai des choux de Bruxelles qui m’attendent déjà blanchis.

Du coup, pour en revenir à ce lundi où je n’ai pas pu cuisiner à cause de ce foutu dessalage que je n’avais pas prévu, je me suis retrouvé à faire ma poêlée de gnocchis aux champignons et parmesan un lundi soir et c’était meilleur que d’habitude car ça n’avait pas le même goût qu’une poêlée de gnocchis d’un mardi ou d’un mercredi. Mais au fond de moi, même si j’ai dégusté mon plat, il y avait une petite tristesse dans mon subconscient car le lundi, comme j’ai le temps, je prépare un plat que je pourrai resservir dans la semaine. Et là, comme j’avais juste le compte de gnocchis, ça ne pouvait faire qu’un seul repas. Alors, j’ai essayé de ne pas y penser mais peine perdue, tu parles, Charles. Cela dit, comme je suis capable de m’adapter, rien n’est perdu. Mais je n’ai pas intérêt à rater mon petit salé.