Hier, dans le tram du retour, il y avait du monde et parmi ce monde, il y avait une jeune fille, d’une douzaine d’années (en fait, j’en sais rien, elle faisait déjà un peu plus que son âge mais avec un corps d’enfant) qui était, elle ne pouvait pas le cacher, une phrénoglottico-myocloniphile. Elle a eu beau vouloir faire en sorte que cela ne se remarque pas mais moi, malgré mon bouquin, j’avais l’œil et même l’oreille. Surtout l’oreille.

Son truc, là, la myoclonie phrénoglottique, c’est un truc comme le mal de vivre, ça ne prévient pas, ça arrive, ça vient de loin et ça s’est traîné de rive en rive, la gueule en coin et puis soudain, ça vous envahit et si ça peut vous faire rire, ça vous énerve très rapidement. Et bien malins ceux qui connaissent le remède pour s’en débarrasser. Mais vous êtes là à vous demander de quoi t’est-ce que je vous cause, encore ce soir, alors, je m’en viens vous le dire, ne soyez pas impatients, dans ce blog, c’est comme dans l’amour, les préliminaires ne sont pas à négliger. C’est ce qu’on appelle la mise en bouche.

La myoclonie phrénoglottique n’est jamais qu’un banal réflexe respiratoire qui n’existe donc que tant que l’on est vivant, CQFD. C’est évidemment quelque chose d’incontrôlable donc, d’involontaire sinon, ça ne serait pas un réflexe et alors, ce serait un talent, mais serait-il seulement digne d’être incroyable au point de passer sur M6 ? Ou dans Secret Story ? Que nenni, je ne pense pas. Quoique… vu le niveau…

En gros : l’air qui arrive est freiné par ces contractions du diaphragme et les resserrements de la glotte et ne parvient donc pas ou difficilement dans les poumons. Cela occasionne une vibration des cordes vocales niveau de l’épiglotte et s’ensuit tout naturellement un bruit qu’on peut qualifier de rigolo quand il s’échappe du corps des autres mais pas du sien propre.

C’est presque tout le temps inoffensif même si très embêtant sur le coup. Cependant, il est comme les trains, il peut en cacher un autre et pas forcément des plus bénins. Dans ce cas, il peut durer plus longtemps que prévu et s’avérer très dangereux. On en distingue alors trois sortes : la myoclonie phrénoglottique bénigne (ou rigolote) qui dure quelques minutes, la myoclonie phrénoglottique  persistante (ou énervante) qui peut durer plus de 48 heures et la myoclonie phrénoglottique réfractaire (de la brique du même nom – également qualifiée de super chiante) qui peut durer encore plus longtemps.

Aujourd’hui, on peut affirmer que cela peut aussi être le symptôme de maladies graves du genre cancer et autres du même style. Bien sûr, dans ce cas, il est plus probable que cela touche l’œsophage ou l’estomac que les testicules parce que sinon, les femmes n’en seraient alors jamais la victime et y a pas de raison. Ce qui prouve donc que la jeune fille du tram, ça, c’est certain, garanti sur facture, elle ne court aucun risque de choper une saloperie aux couilles. Ou alors, si j'étais ses parents, je m'inquièterais pour elle.

Le fin du fin, serait de tester les personnes qui sont sujettes à la myoclonie phrénoglottique de façon chronique sur différents terrains afin de vérifier si certains sont plus propices à ces crises que d’autres. On sait déjà que sur gazon et sur glace, ça arrive souvent et y a même des gens qui viennent pour applaudir ça. Pourquoi pas ailleurs ?