J'ai connu des tas d'ampoules depuis que je suis né. Je parle des ampoules électriques car, les autres, les cloques de la peau, celles dans lesquelles il y a des médicaments que l'on prend avec de l'eau ou encore, celle, sainte contenant le saint chrême des rois de France, peu nous en chaut en cette veille de jour dominical.

Vous allez sans doute vous demander ce qu'est le saint chrême et vous aurez bien raison de reconnaître que vous ne le savez pas car faute avouée, est à moitié pardonnée. Le saint chrême, c'est l'huile bénite utilisée pour les consécrations et certains sacrements. Autant vous dire que vu le faible nombre de sacrements qui ont lieu depuis des lustres, il doit être un peu rance, le saint chrême !

Mais ne nous éparpillons pas, aujourd’hui, il va surtout être question d'une anomalie génétique, la première d'une série, car j'en ai remarqué plusieurs et je souhaite en faire part au plus grand nombre car il y a des choses dont on ne parle pas assez au contraire de tant d'autres dont on nous rebat les oreilles alors que franchement, hein !...

Alors je disais donc que des ampoules, j'en ai connu plein car j'ai eu l'occasion d'en changer, d'en acheter et surtout, d'apprendre, un peu tard, largement après ma puberté (aucun rapport !), puisque j'étais un peu nigaud pour tout ce qui était aussi terre à terre que ce genre de choses, je ne connaissais pas la différence entre une ampoule à douille et une ampoule à vis. Et puis un jour, je suis devenu autonome et ça a un peu changé ma vie.

Tout s'est bien passé jusqu'à il y a peu de temps où, coup sur coup, j'ai été confronté à deux maladies d'ampoules, choses extrêmement rares pour ne pas dire rarissimes, et encore, je me retiens d'en faire des tonnes à ce sujet.

Que je vous dise tout : la première, à douille, s'est avérée photophobe et l'autre, à vis, s'est avérée achluophobe. Autant vous dire que je me vois mal les rapporter chez Auchan en tentant de leur expliquer cela. Non, le plus embêtant, c'est que celle qui est photophobe, c'est celle qui se trouve dans le séjour-salon, et comme elle n'aime pas la lumière, elle ne peut pas s'allumer, elle se fait peur toute seule.

Quant à celle qui est achluophobe, comme elle n'aime pas l'obscurité, elle ne peut pas s'éteindre sinon, elle a peur et malheureusement, c'est celle qui est dans la chambre. Du coup, je dois dormir avec la lumière allumée. Je n'ai plus qu'à attendre qu'elle meure pour en changer et prendre son mal en ma patience d'ici là.

Bon d'accord, certains, les plus cultivés d'entre vous me rétorqueront, en levant le pied que j'aurais pu utiliser un mot moins savant pour parler de la peur du noir en écrivant kénophobie, mais il y a risque de confusion entre la peur du noir et la peur du vide quand on parle de kénophobie. Alors, tant qu'à faire, restons rigoureux et tout le monde comprendra bien mieux.

Quoi qu'il en soit, ces avatars de la vie quotidienne m'auront permis de vous apprendre plein de nouveaux mots, aujourd’hui encore et je n'en suis pas peu fier. Je vous propose de les récapituler pour vous afin de vous permettre de les noter dans un coin de votre esprit : chrême, chaloir (conjugué, ça faisait "chaut"), kénophobie, achluophobie et photophobie. Ça vous permettra de passer pour des lumières et de briller en soirée.

Reconnaissez quand même que ce blog sert au moins à ça.