La toussaint, c’est fait. Je peux rayer la date sur mon calendrier mural. Celui des pompiers. C’est drôle comme depuis bien longtemps, on a tendance à considérer la Toussaint comme une fête triste, sombre et sinistre. On a donc oublié que c’est la fête de tous les saints et que c’est probablement celle qui devrait être la plus joyeuse de toutes. Et la Toussaint, si on y regarde de plus près, franchement, pas sournoisement, les yeux dans les saints, est-ce que ça n’est pas aussi une espèce de fête des paires ? Tiens, pourquoi mon correcteur d’orthographe me souligne « paires » en bleu ? Je n’ai pas fait de faute, pourtant. Ou alors juste une, de goût. Mais je ne suis plus à une près. Même si je tente de bien me tenir, de mieux me tenir. Sans doute ai-je des moments d’égarement quand je me lâche car j’aimerais peut-être qu’un jour, pour moi, ce soit ma fête aussi, la Toussaint. Le jour où j’en serai peut-être un. Qui sait ? On peut rêver. Non, je plaisante, je n’ai pas cette ambition-là. J’ai bien trop peur de m’ennuyer au paradis blanc.

La fête des morts, c’est fait. Je peux aussi rayer la date sur mon calendrier mural. Toujours celui des pompiers.  Et là, je me dis que la nature fait bien les choses. Ou alors, les services météo des medias et en particulier celui de France 2 où, même si ce n’était pas lui, on n’a qu’à dire que si, Philippe Verdier, le sympathique Philippe Verdier nous a fait du beau temps pour la Toussaint et nous a fait de la pluie comme des larmes de tristesse pour la fête des morts. Le jour des défunts. Le jour où beaucoup d’entre eux reçoivent la visite de l’année. Où on pense à eux. Une fois par an. En se disant que c’est quand même une aubaine d’avoir un jour de congé. Aurait-on pu imaginer que ce jour-là soit férié plutôt que la veille ? Ou, pourquoi pas, les deux ? L’un pour fêter tous les saints et l’autre pour se remettre de la fête de la veille. « J’ai fêté la Toussaint, hier, je suis mort, ce matin ! » À la différence du paragraphe précédent, je sais qu’un jour on fêtera ma mémoire. Quand je serai défunt. En même temps, qui, hein ?

Aujourd’hui, c’est la Saint-Hubert. La fête de ceux qui aiment le beurre et l’argent du beurre. Et de ceux qui perdent leur place quand ils vont à la chasse. Rien de particulier à dire sur la Saint-Hubert que je ne peux même pas encore rayer de mon calendrier mural, celui des pompiers car j’estime que même si toute journée commencée est due, tant qu’elle n’est pas terminée, on ne sait pas ce qui peut arriver. Imaginons que le temps suspende son vol et que les chasseurs ne puissent plus tirer ? Tout ça pour dire que j’ai toujours dans la tête, pour quand je serai dictateur, un jour, je proposerai ( ! ) un jour férié obligatoire pour tout le monde : le jour de son anniversaire devra être chômé et payé pour tous. Comme un cadeau royal. Certains n’aiment pas qu’on le fête, leur anniversaire, alors autant passer à travers vis-à-vis de ses collègues et les autres, qu’ils en profitent pour se faire plaisir en n’allant pas travailler. Et on ne discute pas. Allez, hop !