Au lieu de parler de ces crétins qui se déguisent en clown pour faire peur ou pire, pour agresser des gens dans la rue (je crains que ce phénomène ne s’amplifie car la bêtise engendre la bêtise), j’ai plutôt envie de vous parler des poissons-clowns que je viens de découvrir comme ça, presque par hasard, grâce à un jeu télévisé car je n’avais pas vu le film d’animation Nemo qui est la référence de tous ceux à qui je demande s’ils connaissent cette espèce d’animal marin. Personnellement et jusqu’à la semaine dernière, la seule chose que je connaissais des poissons clowns, c’était justement qu’ils avaient l’air rigolo avec toutes les couleurs vives de leur robe (on dit une robe pour un poisson ?)

J’ai donc appris que les poissons clowns vivaient en espèce de communauté dont le chef, l’individu le plus important, c’est la femelle, un peu plus grosse. C’est elle qui porte la salopette (chez les clowns, on ne dit pas « porter la culotte » mais « porter la salopette ») et elle est en couple avec un autre poisson, mâle, sexuellement actif (quand même) mais un peu plus petit qu’elle (comme dans les dessins de Dubout, sans doute, vous savez, les grosses dames avec les petits messieurs…) et ma foi, contre vents et marées, ce couple-là est un couple qui tient, monogame et qui semble normal à tous les points de vue. Ce qui fera certainement grand plaisir à Christine Boutin. Car là, on est loin de toute déviance et de toute perversité.

Le reste de la communauté est composé uniquement de poissons mâles mais pas du tout concernés par la sexualité, qui se moquent donc de la reproduction (on pense qu’ils ne savent même pas ce que ça veut dire) et qui sont complètement immatures. C’est là que ça devient intéressant car, en effet, on peut se demander quel genre de mecs est capable de vivre en bande, comme ça, sans sexualité, sans occupation, sans rien quoi. Brrrr, rien que d’y penser, ça me fait froid dans le dos. Si un jour je dois me réincarner en animal, j’espère bien que ça ne sera pas en poisson clown de base, immature et asexué. Parce que franchement, comme vie inintéressante, je me demande s’il n’y a pas pire. Oui, c’est vrai, je n’ai pas étudié toutes les propositions mais ce n’est pas mon propos, aujourd’hui.

Et là où ça devient quand même un peu excitant, d’être un poisson clown, là où il se passe quelque chose qui vient casser la routine (et ce n’est rien de le dire), c’est quand la femelle meurt (peu importe de quoi) car alors là, compte tenu que la communauté n’est composée que de mâles dont un seul capable de reproduire, la question que tout le monde se pose alors c’est : comment se reproduire quand il n’y a plus de femelle ? Merci Christine de l’avoir posée. On vous reconnaît bien là. Mais ne vous inquiétez pas, je connais bien mon sujet et je l’aurais posée la question. Même si je connais la réponse.

Eh bien, il faut savoir que le poisson clown est un hermaphrodite successif protandre. C’est-à-dire qu’il change de sexe mais uniquement dans le sens mâle vers femelle et ce, une seule fois dans sa vie  a contrario d’autres espèces animales qui peuvent changer plusieurs fois. En gros, si je puis dire, si la femelle meurt, le mâle reproducteur devient femelle et c’est le plus gros des autres mâles inactifs qui devient alors mâle actif tout en étant toujours plus petit (jusqu’à deux fois) que la nouvelle femelle. Et là, Christine, j’aimerais bien savoir pourquoi vous ne dites plus rien. Il y a quelque chose qui vous choque ? Il y a quelque chose qui vous dérange ? Pourtant, c’est 100% naturel.